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( 22 novembre, 2009 )

Michel Klein: « Le combat de l’avocat des bêtes »

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Michel Klein est l’un des vétérinaires les plus connus et les plus médiatisés au monde. Aujourd’hui à la retraite, il continue à défendre la cause animale, comme il nous l’a expliqué chez lui, dans son domicile parisien.

À travers le monde, le docteur Michel Klein est connu pour être un vétérinaire précurseur, ayant fait évoluer sa profession. Notamment en matière d’anesthésie et de techniques chirurgicales sur les animaux des zoos, mais aussi sur le plan de la connaissance du comportement animal. Dès les années 1950, il a collaboré avec la télévision française, présentant dans ses émissions des animaux dits sauvages, lors de directs parfois mouvementés, spécialement dans le fameux « Club Dorothée », sur TF1. Lui qui est l’un des créateurs du parc de Thoiry, la première réserve africaine du monde, a fréquenté les zoos et les cirques les plus connus et les personnalités les plus célèbres.
Dans son appartement parisien, c’est un homme souriant et chaleureux qui nous reçoit, en compagnie de sa chienne, Isis. Toujours très concerné par la cause animale, celui qui a sorti récemment le livre « L’avocat des bêtes », est généreux de ses souvenirs…
« Chez moi, j’ai toujours eu des chiens et des chats. Actuellement, le règne du chien est ralenti. En France, le nombre de chats dépasse celui des chiens. Non pas à cause de la polémique sur les chiens dangereux, mais simplement en raison de leurs conditions de vie, qui représentent une contrainte. Il faut les sortir, s’en occuper, et cela ne correspond pas à ce que la plupart des personnes peuvent ou veulent assumer. C’est ressenti comme une corvée. De plus, contrairement à la Suisse où vous êtes bien organisés sur ce plan, il n’existe pas, à Paris, de distributeurs de sachets pour ramasser les excréments de chiens. La ville est donc souillée, ce qui est mal perçu par rapport à la présence du chien. Quant aux chats, ils sont en phases avec la vie moderne, ils ne la compliquent pas, ne la surchargent pas, ils peuvent rester seuls. »

Les NAC ne remplacent pas les chiens

Selon le docteur Klein, l’animal familier a conquis un espace au sein des familles, même monoparentales. Les enfants qui sont en déficit de tendresse réclament instinctivement un animal. Leur présence calme et apaise les anxiétés. Le rapport de l’homme aux animaux a énormément changé depuis qu’il a commencé à exercer sa profession, à la fin des années 1940. En revenant sur ses premières années de pratique, il se souvient qu’à l’époque, il était assez rare d’avoir un animal de compagnie. Les chiens et les chats étaient alors tenus pour quantité négligeable. Seules les personnes âgées et les chasseurs en possédaient.
L’un des grands changements enregistrés au cours de ces dernières années aura été l’arrivée des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) dans les foyers. Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, ce spécialiste des fauves, des ours et des animaux sauvages n’est pas choqué par le phénomène. Il observe d’un œil bienveillant le fait que nous soyons attirés par toutes sortes d’animaux. Pour lui, c’est le contact avec les animaux qui est important. « Pour ma part, je n’utilise pas le mot « sauvages » à leur propos. Je dis simplement que ces animaux ne devraient pas dépendre de l’homme. Les animaux sont bien moins sauvages que les hommes, Il n’y a pas d’assassins parmi eux. Toutes les Bêtes en captivité, ainsi que les NAC sont les ambassadeurs de leur espèce auprès de nous. Les chiens nous ont aidés à vivre et à survivre depuis les temps les plus anciens. Les Nacs , de même que tous les animaux de compagnie nous aident en tant que thérapie sur le plan psychoaffectif! « 

Toujours en combat

Aujourd’hui, le docteur Klein participe toujours à une émission de radio locale, et reste actif dans le monde animal. Il n’a rien perdu de son amour des animaux, de cette communication étonnante qu’il semble partager avec eux, ni de sa fougue lorsqu’il s’agit de leur venir en aide. Notamment à propos d’une cause qu’il a toujours défendue: « Se débarrasser de son chien ou le faire piquer avant de partir en vacances est une chose inadmissible et abominable que je ne peux accepter. Je ne supporte ni la cruauté, ni l’indifférence envers les bêtes. Donc, je réagis. »

CRI D’ALARME

Depuis plus de trente ans, le docteur Klein attire l’attention sur un phénomène inquiétant: l’homme prend toute la place sur la planète, au détriment des espèces animales. Or, affirme-t-il, si les animaux disparaissent, cela signera la mort de l’Homme. « Nous savons que si, sur un territoire déterminé, une espèce prolifère, les autres sont obligées de céder la place. Mais celle qui se retrouve seule finit par disparaître. Nous nous sommes accaparés la planète, et la disparition des nombreuses espèces animales alors que l’espèce dite humaine prolifère d’une façon exponentielle, nous fait courir droit dans le mur. Je pose ce diagnostic clinique mais, malheureusement, il n’est pas facile de proposer de solution thérapeutique… »
Pour lui, la question est très simple: comment trouver un équilibre biologique dans l’écosystème planétaire, où chacun puisse trouver une place vitale acceptable?

Martine Bernier

En savoir plus:

- « L’avocat des bêtes », Docteur Michel Klein, Editions Anne Carrière, collection Document.

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