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( 6 mars, 2010 )

Don d’organes: les donneurs de vie…

Cette nuit, j’ai rempli un document.
Ce document, n’importe lequel d’entre nous peut l’obtenir.
Il s’agit de la carte de donneur d’organes.
Je l’ai toujours eue sur moi, mais j’avais égaré la dernière.

En Suisse, ces cartes se trouvent dans la plupart des pharmacies, droguerie, cabinets médicaux, hôpitaux ou sur internet (voir ci-dessous pour la France, la Belgique et le Canada).

Je ne vais pas faire ici de plaidoyer pour le don d’organes.
Je voudrais juste évoquer deux visages et des faits qui me marquent.

Cet automne, j’ai rencontré Florian (j’espère qu’il ne m’en voudra pas d’utiliser son prénom), que je devais interviewer comme ses collègues dans le cadre d’un travail.
Grand homme très doux, pétri de gentillesse, il a un vocabulaire choisi, une capacité d’attention prononcée, un courage paisible avec une lueur d’angoisse au fond des yeux, qu’il cache de son mieux.
Cadre, il est attentif aux autres, soucieux de leur sécurité, de leurs bonnes conditions de travail.
Il semble aimer les autres, et ses collègues le lui rendent bien: tous ceux qui m’ont parlé de lui l’ont fait avec tendresse.
Lorsque je l’ai rencontré, il était relié à une bouteille d’oxygène qu’il emmenait partout avec lui.
L’oxygène palliait l’insuffisance respiratoire dont il souffre, et qui, m’a-t-il expliqué, s’aggrave depuis plusieurs mois au point de lui interdire de travailler, de vivre normalement.
Il était alors en attente d’une greffe de poumons.
Mais les personnes dans son cas sont nombreuses et les donneurs trop rares.
Il avait beau être en tête de liste, il ne voyait rien venir…
J’ai pris de ses nouvelles aujourd’hui.
Sa capacité respiratoire a encore diminué.
Après 15 mois, il patiente toujours, ne se plaint pas, va jusqu’à prendre des nouvelles de ma chienne Scotty qu’il avait rencontrée en automne et dont il ignorait le décès.
D’un altruisme émouvant, toujours à s’inquiéter des autres, Florian force la sympathie.
Il donne sans le savoir une magistrale leçon de courage et de dignité souriante…

Et puis il y a ce jeune garçon lumineux, Alex, dont j’ai déjà parlé ici.
La greffe de rein dont il a bénéficié l’été passé lui a permis de reprendre une vie aujourd’hui quasi normale.
Pour lui comme pour sa famille, cet organe a été une bénédiction, une renaissance…

Combien d’autres sont en souffrance, derrière ces deux exemples qui me touchent?
Derrière chaque nom sur une liste se cache une histoire…

En Suisse, sur sa carte, le donneur potentiel peut choisir quels organes il veut offrir.
Il peut aussi accepter le prélèvement de tout organe, tissu ou cellule.
Le propriétaire de la carte peut également tout refuser et se faire inscrire sur le registre des refus.
La législation est stricte en matière de prélèvement d’organes.
En Suisse, les transplantations les plus nombreuses sont celles des reins, du foie, du coeur, des poumons, du pancréas (îlots) et de l’intestin grêle.
La transplantation tissulaire la plus fréquente est celle de la cornée.
Concernant les cellules, ce sont les greffes de cellules souches du sang qui se font le plus couramment.

J’aime cette notion d’offrir ce qui n’a plus d’avenir pour garantir un futur à quelqu’un d’autre….
Un ultime don de soi, un ultime acte d’humanité.

Martine Bernier

Pour la Suisse: www.transplantinfo.ch
Pour la France:www.france-adot.org/
Pour la Belgique:www.wallonie.be/fr/citoyens/sante-prevention-et-securite/dons-d-organes-et-de-sang/index.html
Pour le Canada:www.acdo.ca/fr/

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