( 30 août, 2010 )

Jean-Pierre Pellegrin: le Robin des Vignes

Dans son domaine de Grand’Cour (GE), Jean-Pierre Pellegrin vit protégé par des murs dont certains datent du Moyen Age. C’est là qu’il crée ses vins qui séduisent les plus fins palais.

Lorsque les visiteurs pénètrent dans la cour pavée ornée de lauriers roses du domaine de Grand’Cour, ils comprennent qu’ils ne se trouvent pas dans un endroit banal. Ici, au cœur de Peissy (Satigny – GE), les lieux sont imprégnés de 600 ans d’histoire. À l’abri de ces murs, Jean-Pierre Pellegrin représente la neuvième génération de vignerons de sa famille travaillant sur la commune de Satigny. Du vignoble qu’il cultive, il dit « qu’il a une mémoire ». Cet homme discret, sensible et réfléchi a repris le flambeau des mains de son père, qui continue à le seconder dans de nombreuses tâches. « Mon père et mon grand-père n’ont jamais vinifié, mais ils avaient planté du raisin rouge qu’ils livraient à la coopérative. C’était du gamay, qui correspondait aux goûts et aux besoins de l’époque. Le contexte a évolué. Les vignerons genevois ont longtemps été complexés par rapport à leurs collèges des cantons de Vaud et du Valais. Ils pensaient ne pas pouvoir faire d’aussi bons produits qu’eux. Un énorme travail a été effectué, et nous avons tenté nous aussi de proposer des vins plus expressifs. Aujourd’hui, nous y sommes arrivés. »

Vignoble en mutation

En reprenant la succession de son père, Jean-Pierre Pellegrin s’est ouvert à la viticulture mondiale, a appris à s’adapter à la situation des lieux. En quinze ans, sur le domaine familial, il a presque entièrement changé le vignoble, pour pouvoir répondre aux goûts actuels. Un parcours rapide pour un homme qui, pourtant, aime mûrir ses décisions et prendre son temps. Mais il ne le regrette pas. Désormais, une quinzaine de cépages sont proposés à une vaste clientèle de fidèles qui, à Grand’Cour, n’apprécient pas que les vins, mais aussi ce qui les entoure.
Chacun est reçu dans ces bâtiments riches d’un passé ancestral, superbement rénovés dans le respect des lieux. Le maître des lieux répond aux questions, explique la présence, à côté des fûts traditionnels, des amphores en béton naturel, composé d’argile, de chaux, de sable et d’eau pure. L’amphore privilégie le fruit. Entre elles et les barriques, le vigneron tente de trouver un équilibre propre à chaque vin. Et y arrive, lui dont les bouteilles ont désormais une excellente réputation.

L’histoire du « P »

Parmi elles, le « P » est une cuvée d’exception, attendue par les connaisseurs. P comme Pellegrin, comme Pinot et comme le village de Peissy où se trouve le vignoble. « En 2003, la saison a été trop chaude. Nous avons vendangé une petite parcelle de pinot noir en ne gardant que les bonnes grappes que j’ai vinifiées dans cinq fûts. Cela a donné un vin formidable, que nous avons baptisé le « P ». Depuis, on ne réalise ce vin cette cuvée que lorsque tous les éléments sont réunis, comme la première année. Pour le moment, cela n’intervient que tous les deux ans. »
Humaniste dans l’âme, sans phrases grandiloquentes, Jean-Pierre Pellegrin a le goût des autres, et le prouve dans son quotidien. La quiétude qui règne dans la maison et la fidélité de ceux qui y travaillent comme de la clientèle montrent bien le bonheur qu’ont les passants à fréquenter celui que l’on surnomme le « Robin des vignes »… parce qu’il préfère se battre pour maintenir la beauté du vignoble plutôt que de sacrifier aux lois de ceux qui souhaiteraient modifier ce paysage enchanteur.

Martine Bernier

Le Domaine, c’est:
- Surface exploitée: 15 hectares dont 14 en propriété et un autre en location, le tout sur la commune de Peissy (Satigny GE).
- Cépages: une quinzaine de cépages parmi lesquels: gamay, pinot noir, gamaret, merlot, cabernet, syrah, viognier.
- Encavage: environ 50 000 bouteilles
- Spécialité: le fameux P, considéré comme l’un des fleurons de la production du domaine.

Cet article est paru en août 2010 dans l’hebdomadaire suisse « Terre et Nature »

( 1 août, 2010 )

Berce du Caucase: elle s’incruste

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Sus à l’ennemi!
Tel pourrait être le mot d’ordre des autorités dont les pâturages subissent l’invasion d’une plante exotique répondant au doux nom de Berce du Caucase.
Et ce que ce soit en Suisse, en Belgique ou en France
Dans les années 1950-55, cette plante a souvent été importée par des amateurs de botaniques.
Capable d’atteindre une hauteur impressionnante de 3,5 mètres, la berce, dotées d’ombelles spectaculaires et de couleurs blanche ou jaune, dépayse le public, et trouve alors sa place dans les arrangements floraux.
Seulement voilà… mettant à profit la philosophie du « j’y suis, j’y reste », la dame s’est incrustée.
Elle a même proliféré à tel point qu’elle a envahi les lieux.
En prime, sous ces airs innocents, l’heracleum mantegazzianum est hautement allergisante.
Un simple effleurement de n’importe quelle partie de son anatomie peut provoquer de véritables lésions de la peau.
Comme, en outre, sa force de recouvrement importante détruit quasiment toute autre forme de vie végétale, son arrivée idyllique et maîtrisée dans les petits jardins botaniques s’est aujourd’hui transformée en cauchemar dans certaines régions.

Ne pas toucher!

A ne pas confondre avec la berce commune, beaucoup plus petite que sa cousine exotique, la berce du Caucase représente un danger réel pour la santé.
Après un contact avec le suc de la plante, et sous l’effet de l’exposition au soleil, des lésions de la peau semblables à des brûlures peuvent se développer en quelques jours.
Dans les cas les plus graves, la peau devient rouge, gonflée, et des cloques apparaissent au bout d’un ou deux jours.
Après la guérison, des taches brunes peuvent persister.
En cas de contact avec la berce du Caucase, il est recommandé de se laver la peau, d’éviter l’exposition au soleil pendant quelques jours, et de changer de vêtements si ceux-ci ont été imprégnés par le suc.
Les précautions méritent d’être respectées, le processus des lésions étant très lent à disparaître.
Quant à la plante en elle même, très résistante, elle a une durée de vie de sept ans et prolifère grâce aux milliers de graines qu’elle produit chaque année.

Martine Bernier

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