( 16 janvier, 2010 )

Jean-Pierre Coffe: Du coeur et de la convivialité

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Il est rare que je souhaite rencontrer deux fois la même personnalité.
Jean-Pierre Coffe a tant à dire, tant à partager, qu’il fait exception à la règle.
Son actualité est toujours aussi riche et trépidante, mais il prend le temps de se poser, de partager un repas, de partager une conversation intime et de reprendre le fil d’une interview en s’amusant des questions posées lorsqu’elles entrent dans sa sphère privée, sans esquiver celles qui le dérangent. L’image que le public connaît de lui ne correspond qu’à une infime partie de sa personnalité. Généreux et fin, c’est un homme sensible, cultivé, pour lequel la convivialité n’est pas un vain mot… Rencontre à Paris, au Café Le Nôtre, autour d’un repas, pour un moment très particulier.

- La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, vous m’aviez notamment parlé de ce que vous aviez fait, voici quelques années, pour les personnes âgées isolées et dépourvues de moyens financiers suffisants pour pouvoir partir en vacances. Vous aviez, à l’époque, créé une association qui permettait de les envoyer en vacances à travers la France et, parfois, à l’étranger, chez des personnes qui les accueillaient chez elles. Privé de subventions, vous aviez fini par financer le tout de vos propres deniers avant de devoir abandonner, la mort dans l’âme…
Oui… c’est très amusant que vous reveniez sur ce sujet, parce qu’il est question que ce soit repris. C’est en projet. On m’a demandé de réorganiser la même chose en France. Et cette fois, l’initiative serait supportée par un Groupe d’assurance. J’ai rencontré les responsables par hasard, et ils m’ont demandé comment l’on pourrait parler d’eux. Je leur ai dit que j’avais une idée, que ce serait formidable si l’on remettait ce projet en route. Comme il faut un assureur, ce pourrait être eux. Il n’y a pas grand-chose à payer puisque ce sont les gens qui invitent qui paient les frais.
Le problème en France, et je pense que c’est pareil un peu partout dans le monde… le Français est égoïste. C’est très lié à la façon de manipuler la générosité. On sort son portefeuille, on pose 20 euros ou 20 francs sur la table et l’on est libéré de sa culpabilité. C’est la même chose si vous voulez parrainer quelqu’un. Vous payez et vous ne vous en occupez plus. Cela ne viendrait pas à l’idée de se dire: « Je paie tous les ans pour le même petit Ghanéen, et je ne le verrai jamais, je ne vais pas le recevoir chez moi, il n’y aura pas d’échange… »
Je suis contre cette façon de faire.
A l’origine, en France, on quêtait sur la voie publique pour les veuves de guerre, les personnes âgées, les paralytiques… On donnait un peu d’argent et l’on recevait une épingle avec un bout de papier que vous épingliez à votre poche. C’était valorisant.
Donc, quand on m’avait posé le problème des vacances pour les personnes esseulées, je ne voulais pas d’une opération pleine d’argent. L’idée était: arrêtons de quêter et de se donner bonne conscience parce que l’on donne de l’argent et rien d’autre. Donnons réellement de notre personne. Ouvrons notre maison, partageons. Partageons la table, les joies, les fêtes, le temps, et en échange de cela, rendons service. Que les deux donnent. L’un reçoit chez la personne, en échange de quoi l’invité va parler aux enfants, leur apprendre ce qu’est la communication, leur apprendre ce qu’est la cuisine, recoudre un bouton. Elle fera ce qu’une grand-mère ferait. Il ne s’agit pas de travailler, d’être transformée en femme de ménage, non. D’ailleurs, à l’époque, à la moindre plainte de ce genre, nous intervenions. Simplement, la personne ne sera pas à charge, elle sera utile, en étant intégrée à la famille.

- Vous soutenez également l’opération « Je Déj’, je donne ». De quoi s’agit-il?
Cela fait partie de mon combat pour la lutte contre la faim dans le monde. Le projet va évoluer, puisqu’il a eu lieu au moment de Noël. L’association contre la faim dans le monde cherchait une personnalité qui accepterait d’expliquer qu’ils avaient passé un accord avec l’organisation des chèques restaurant. Quand on payait avec un chèque restaurant, une partie de cette somme était redistribuée pour la faim dans le monde. Mon équipe de TV a accepté gratuitement de tourner, Drucker a accepté que l’on montre la bande. On a tourné chez moi à la campagne etc, pour diffuser une information.

- Depuis quelque temps, vous intervenez sur une nouvelle collection: « Ce que nous devons savoir sur… ». Pouvez-vous en dire quelques mots?
Je suis directeur de cette collection. Je fais la préface, et je choisis les sujets. Chaque livre est réalisé par un auteur différent, et conçu selon le même canevas, avec une partie historique, une partie de communication, une partie d’explications techniques, des recettes, etc. Nous en avons en préparation des volumes sur le fromage, le yaourt, le poisson, par exemple. Je travaille beaucoup sur les yaourts en ce moment car je voudrais que l’on puisse en faire sans épaississant, sans colorant et sans arômes.

- Etes-vous vous-même en préparation d’un nouvel ouvrage?
Oui. A la fin du printemps sortira « Recevoir ses amis à petits prix »… Avec des idées de repas, mais aussi de vins bons et peu chers

- Pourriez-vous avoir un jour l’envie d’écrire un livre sur les régimes?
Jamais! J’ai fait un régime quand j’étais jeune parce que je pesais 130 kilos. Et j’ai perdu tous mes cheveux en 48 heures! Alors les régimes… Il est nettement plus intelligent de parler de bonne hygiène de vie. Mais je n’ai pas le temps d’écrire sur ce sujet: j’ai signé pour des ouvrages jusqu’en 2014!

- Vous collaborez avec Leader Price. Pour eux, vous testez et validez des produits alimentaires, visitez des usines. Votre image apporte une crédibilité nouvelle à la marque. Pourtant, vous avez été attaqué plusieurs fois sur votre démarche, et particulièrement par Perico Leggas qui vous a mis en cause à propos de raviolis dont la viande n’est en fait que de la farce composée de cartilage etc. Comment réagissez-vous à ces attaques?
Je me défends en principe face à des interlocuteurs qui sont de bonne foi, qui ont des arguments sérieux. Ce qui n’est pas le cas ici. Cet homme, qui a été mon employé pendant trois ans, m’attaque sur un produit qui date de 2001 et qui a été retiré de la vente en 2002! S’il avait mon estime, je me défendrais, mais pas là. Ce sont des attaques personnelles, je ne m’abaisserai plus à lui répondre, j’ai déjà rectifié la vérité à la télévision, à la radio, dans la presse. Si vous saviez le travail que j’effectue pour cette campagne… J’effectue deux visites d’usine par semaine pour vérifier la qualité des produits. Je suis suffisamment orgueilleux et fier de ce que je fais pour Leader Price pour ne pas m’arrêter à cela.

- J’aimerais que nous imaginions ensemble un questionnaire de Proust de la gastronomie. Pour un repas idéal, quelle serait votre entrée préférée?
Des asperges avec une sauce hollandaise.

- Votre plat principal?
Une blanquette de veau.

- Trois fromages?
Tout dépendra de la saison. En été, un assortiment de chèvres. En automne, un camembert. Et en hiver, un munster, un très vieux roquefort et un vrai gruyère de Gruyère. Au printemps, les fromages ne sont pas faits. Il faut donc prendre des fromages d’hiver.

- Votre dessert?
Si je prends une entrée, un plat et des fromages, je n’en mange pas. Sinon, j’aime beaucoup les desserts dans la grande tradition de la pâtisserie française: les babas au rhum, les Paris-Brest, les mille-feuilles. Je fais aussi une charlotte aux pommes, uniquement avec des pommes, qui est le dessert que je sers lorsque j’ai du monde.

- Le produit dont vous ne pourriez pas vous passer?
L’œuf!

- Celui que vous ne supportez pas?
Le surimi

- Votre épice?
Le curcumin

- Le légume?
L’asperge, parce que c’est réellement un légume de saison, et la pomme de terre.

- Le fruit?
J’adore la pêche.

- La friandise?
Pour moi, le chocolat à la pistache est irrésistible. Surtout s’il vient d’un petit magasin de Lausanne, dans une rue qui descend, où ils vendent un chocolat extraordinaire.

- Votre boisson?
J’aime beaucoup le vin blanc. Je choisirais un Chenin.

- Votre péché mignon?
Le petit-déjeuner, quand j’ai le temps. Je le prends vers 11 heures, et cela me tient jusqu’au soir. Cela peut être avec du saumon fumé, un œuf à la coque, du caviar, des confitures, des toasts, des salades de fruits frais…

- Qu’avez-vous toujours dans votre frigo?

De la graisse de canard et du saindoux

- Et dans vos placards?
Du thon, du maquereau en boîte et des sardines. J’adore ça!

- Quel aliment ne mangerez-vous jamais?
De la cervelle de singe décalloté vivant. C’était le repas des empereurs Manchus. J’ai mangé de la chauve-souris, du boa, des tas de choses. Mais ça, je n’ai pas pu…

- Quels convives, d’hier ou d’aujourd’hui, aimeriez-vous réunir autour d’une table idéale?
Voyons… Miou-miou et Jean Teulé, parce que ce sont des amis, Jussieux, Vincent de la Chapelle, créateur de la cuisine moderne sous Louis XV, Tayllerand et Jean de la Quintinie, jardinier de Louis XIV. Il faudra que j’aille voir si c’est possible, en arrivant au Paradis!

Martine Bernier

( 22 novembre, 2009 )

Jean-Pierre Coffe: L’élégance du coeur…

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Jean-Pierre Coffe est connu pour ses colères, ses indignations devant certaines inepties, alimentaires ou autres, du monde moderne. Ecrivain, il a signé une trentaine d’ouvrage, touche à la radio, au théâtre, est chroniqueur dans l’émission de Michel Drucker « Vivement Dimanche ».
Le public sait moins que, derrière le personnage public, se cache un homme de coeur, d’une élégance rare, pour lequel l’entraide n’est pas un mot inconnu.

- Vous avez une relation très particulière avec la Suisse..
Mes premiers souvenirs me viennent de ce pays. Je suis né en 1938, à Lunéville. Mon père a été tué pendant la guerre. Ma petite enfance a donc été difficile. Après la guerre, la Croix-Rouge a invité des orphelins en Suisse. J’ai été accueilli dans le Jura, chez la famille Fleury. C’était dans une ferme, dans laquelle il y avait des vaches, des porcs, des chevaux, des lapins… Je m’y sentais tellement bien que, de retour chez moi, je me suis fait passer pour malade pour y retourner. Finalement, je suis resté presque deux ans chez eux. C’est là que j’ai développé mon goût pour les aliments simples, mais de qualité.
Aujourd’hui, j’ai un cep de vigne à mon nom à Denens, en Suisse, ce village qui a un festival d’épouvantails. Et chaque année, les gens qui s’en occupent m’envoient une bouteille du vin qu’ils en ont tiré. Ce qui me touche beaucoup…

- Au début des années 1970, vous avez créé une association: « Les Grands-Mères au pair ». De quoi s’agissait-il?
J’ai toujours aimé les gens, et j’avais envie d’accomplir une belle action. Le but de cette association était de placer des personnes âgées dans des familles pour les vacances, de leur permettre de changer d’air, de voir du pays. Plus de 5000 personnes ont pu en profiter. J’étais soutenu financièrement par le Ministère des Affaires Sociales. Puis nous avons changé de ministre, et le budget n’a pas été renouvelé.

- Fin de l’expérience?
Ce sont pas des gens riches qui accueillaient les grands-mamans. Il fallait bien payer les billets pour leur permettre de voyager… Pendant quelque temps, j’ai financé l’association de mes propres deniers, puis j’ai fait faillite et j’ai dû arrêter. Mais ça a été une très belle expérience.

- Le goût des autres, en revanche, ne vous a pas quitté…
C’est vrai. Je ne vis pas à la campagne par hasard. Je rencontre des gens sur les marchés. Ce n’est pas signer des autographes qui m’amuse. En général, j’apprends toujours quelque chose, je découvre beaucoup avec les personnes que je rencontre. Elles me parlent de sujets que je ne connaissais pas et cela me plaît beaucoup.

- Dans votre émission de radio « Ca se bouffe pas, ça se mange », vous avez pris souvent position. Parfois même sur des sujets où vous n’étiez pas attendu. Je pense notamment à la nourriture dans les prisons.
Oui. En 2007, nous avons reçu une lettre d’un auditeur qui purgeait une peine de prison, et qui a attiré notre attention sur l’alimentation en milieu carcéral. Je me suis rendu sur place et j’ai consacré une émission au sujet. Pour améliorer leur ordinaire, les détenus peuvent « cantiner », c’est-à-dire acheter de la nourriture. Mais on leur propose tellement de sucreries que beaucoup d’entre eux, y compris chez les femmes, sont obèses. Cela méritait d’en parler.

- Vous menez plusieurs combats depuis des années, notamment sur les conséquences de l’agriculture intensive, les prix trop élevés de l’industrie alimentaire, et de nombreux autres sujets d’utilité publique. Avez-vous le sentiment que les choses évoluent dans le bon sens?
Si je vous dis non, je vais paraître trop modeste. Mais dire oui serait prétentieux. Ce qui me dérange, c’est le fait que je sois très seul à mener ce combat. Je serais en Suisse, je serais acoquiné à un journal de consommateurs car ils ont le mérite d’être indépendants. Les Suisses ont une conscience citoyenne, civique, de l’importance de l’alimentation. En France, j’ai l’impression que cela ne préoccupe pas grand monde. La vache folle a révélé que l’on peut mourir en mangeant. Il y a encore tellement à faire…
Le Projet Nutrition Santé (PNS) s’attarde sur le fait que environ 22% de la population française est obèse, ce qui va poser un véritable problème économique. Qu’il faut prendre en mains sérieusement.

www. jeanpierrecoffe.com

NB: Il faut remettre cet article dans son contexte. Si Jean-Pierre Coffe y parle autant de la Suisse, c’est parce que ce texte était destiné à un journal helvétique.

( 22 novembre, 2009 )

Jean-Pierre Coffe: « C’est en Suisse que j’ai formé mon goût »

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Ardent pourfendeur de la « malbouffe », Jean-Pierre Coffe se bat depuis toujours afin de rendre leurs lettres de noblesse aux bons produits du terroir. Rencontre, à Paris, avec un homme de cœur.

À la sortie des studios de RTL où il vient de terminer l’enregistrement de l’émission « Les Grosses Têtes », Jean-Pierre Coffe est là, ponctuel au rendez-vous fixé. Une élégance sans artifices, et des lunettes dotées d’énormes montures bleues, signent le personnage. C’est dans un petit restaurant chaleureux que ce chantre de la nourriture saine et néanmoins goûteuse confie: « Mes premiers souvenirs me viennent de Suisse. Je suis né à Lunéville, en 1938. Mon père a été tué à la guerre. Ma petite enfance a été très difficile. Après la guerre, la Croix-Rouge Suisse a invité des orphelins dans votre pays. J’y suis allé, dans la famille Fleury, à St-Ursanne. Là, je vivais dans une ferme, où il y avait tous les animaux que l’on trouve dans une vraie ferme: des vaches, des cochons, des chevaux, des poules, des lapins etc. Je m’y suis senti tellement bien que j’ai fait semblant d’être malade pour pouvoir revenir. J’ai passé presque deux ans chez eux. C’est là que mon goût pour les bonnes choses s’est formé. Aujourd’hui encore, je défends les bons vins suisses. Certains sont délicieux. En règle générale, je préfère le vin blanc. La Suisse a un rôle prépondérant dans l’évolution du vignoble savoyard. Il s’était un peu laissé aller et, lorsque les Suisses se sont mis à produire du bon vin, les Savoyards ont pris peur et se sont repris en main. »

Homme de cœur et de combats

Tout en parlant, l’homme jette un regard dans l’assiette de son voisin. Celui-ci a laissé de côté le gras de son jambon cru. Réaction immédiate et navrée: « Mais… vous avez laissé le meilleur! C’est de la bonne graisse… de la graisse animale! Tenez, goûtez cette tranche de saucisson… »
De Jean-Pierre Coffe, on connaît les combats contre l’agriculture intensive et la malbouffe, ses engagements pour l’enseignement du civisme et du goût à l’école, ou la réhabilitation des marchés et des petits commerces, son indignation face aux aberrations culinaires et autres de notre société. Le réduire à ses coups de gueule serait pourtant lui faire injure. Pudique, l’homme est un homme de cœur. Un vrai. Le public l’ignore souvent, mais c’est lui qui, à la fin des années 60, a créé l’association « Grands-mères au pair » destinée à placer des personnes âgées dans des familles pendant les vacances. Allant jusqu’à investir ses propres deniers dans l’aventure, pour prendre le relais du Ministère des affaires sociales. Sept mille personnes ont ainsi pu partir grâce à lui.
Le complice de Michel Drucker est ainsi: une personnalité forte et bouillante, mais une véritable tendresse et un respect des autres, un sens de l’écoute, une générosité discrète. Alerté par un prisonnier sur la mauvaise qualité de la nourriture dans les prisons, il s’est déplacé pour vérifier l’information sur place et consacrer une émission au sujet. L’écouter parler, avec son langage direct, de l’univers sordide de ces détenus dont l’espoir s’arrête aux murs de leur prison, est édifiant…

« Faites simple! »

Cet homme kaléidoscope est un écrivain prolifique. Il a écrit 37 livres, essentiellement consacrés à la cuisine et au jardin. Son dernier ouvrage « La véritable histoire des jardins de Versailles » montre de lui une passionnante facette d’érudition.
Entre deux ouvrages et deux émissions de radio ou de télévision, lorsqu’il se retrouve chez lui, en dehors de Paris, Jean-Pierre Coffe aime toujours s’occuper de son jardin. Il s’agit d’un potager d’un hectare qu’il a confié aux bons soins d’un jardinier, mais dont il assume la taille. Il cuisine également, des plats conviviaux, pour sa famille et ses amis. « J’adore les plats qui mijotent, comme la blanquette. Il faut conseiller aux maîtresses de maison de ne jamais servir un menu qu’elles n’ont pas eu l’occasion d’essayer auparavant. Il faut toujours proposer des plats avec lesquels on se sent parfaitement à l’aise, pour être sûr de les réussir. »

Martine Bernier

Et pour Noël, M. Coffe?

Cette année, à Noël, comme le voyage à Madagascar qu’il espérait entreprendre a dû être déplacé, Jean-Pierre Coffe recevra chez lui « les chiens perdus sans colliers ». « Je préparerai le plat le plus simple, de la blanquette de veau ou du bœuf bourguignon. Ils m’évitent de devoir passer mon temps en cuisine, je peux rester avec mes invités. Et, en dessert, je servirai, comme chaque année, une charlotte aux pommes. Des tranches fines de pommes, que vous disposez dans un moule à charlotte, bien tassées. Toutes les quatre ou cinq couches, vous mettez du caramel blond et de la cannelle. Vous remplissez jusqu’en haut. Puis vous la mettez à cuire 1h30 au bain marie et, ensuite, 1h30 au four avant de démouler. C’est un régal ».
À écouter ce fin gourmet détailler sa recette, on le croit sur parole…. À en avoir envie de faire partie, pour Noël, des chiens perdus sans collier.

DEGUSTATION IMPROVISEE

Impossible de rendre visite à Jean-Pierre Coffe en arrivant les mains vides. Dans les miennes: trois fromages typiquement suisses et deux vins, qu’il a dégustés dans une atmosphère de quasi recueillement, humant chaque produit avant de le goûter.
Son verdict:
- Vacherin fribourgeois: « C’est un fromage magnifique, très riche, très onctueux, avec un très beau gras. Il est parfumé, avec une réelle richesse aromatique, un goût herbacé très frais. »
- Etivaz: « Celui-ci est vraiment très bon! Le grain de sel commence à remonter. Il n’est pas salé, mais son goût est incroyablement riche. C’est là que l’on peut constater l’importance de la nourriture consommée par les vaches. Le fromage, comme le lait qui sont produits ensuite sont d’une qualité incomparable. »
- Gruyère mi-salé: (soupir d’aise…)  » Il a un petit goût d’étable très particulier… Délicieux… Sa texture est beaucoup plus fine. L’apparition du sel est plus marquée. »
- Dezaley Médinette 2006, Domaine Louis Bovard: « J’adore les vins blancs. Celui-ci a une belle concentration. Il se marie parfaitement avec le fromage. C’est un vin de convivialité. J’aime beaucoup… »

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