( 8 mars, 2010 )

Barnabé: une histoire de famille

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Tout le monde ou presque connaît, en Suisse romande, le fameux Théâtre de Barnabé, à Servion, où de nombreux artistes devenus célèbres ont fait leurs premières armes. On en aime le clinquant, la fraîcheur et l’ambiance, mais, derrière cette atmosphère se cache une histoire de famille et la passion d’un homme, Jean-Claude Pasche, alias Barnabé. Meneur de Revue, amoureux d’opéra, il a voué sa vie au spectacle…

- Les bâtiments où est née l’histoire du Théâtre ne datent pas d’hier, et l’histoire de votre famille y est liée depuis fort longtemps...
D’après les premiers papiers, les premiers bâtiments datent de 1740. C’était l’ancienne auberge communale de Servion. Et les dépendances ont été construites vers 1840. Mon arrière-grand-père a acheté en 1865 dans le but d’y installer un restaurant doublé d’une exploitation agricole. Ce qu’il a fait.

- Avez-vous bien connu cette époque où les bâtiments de la famille n’avaient pas la même vocation que celle d’aujourd’hui?
Oui! J’ai travaillé jusqu’au début des année 1960 avec mon père sur l’exploitation agricole qui comptait quarante têtes de bétail. Vers 1963, les travaux pour la réfection de la route ont commencé, et l’exploitation a ensuité été arrêtée et déplacée plus loin. Les locaux de l’autre côté de la route ont été transformés. Le restaurant a été agrandi et doté de chambres pour pouvoir recoir la clientèle citadine qui découvrait la région.

- A l’époque déjà les lieux disposaient d’une salle de spectacle.
Tout à fait. Mon grand-père avait fait construire une première salle en 1920. Elle a servi à la commune, pour les soirées des sociétés locales. Et puis elle était l’une des étapes de la fameuse tournée du Père Chappi. Il passait dans les villages et diffusait les films de l’époque. La salle du grand-père a été rouverte en 1965.
- Quand le théâtre a-t-il commencé à accueillir un public plus large?
En mai 1965, nous avons décidé de fêter le centième anniversaire de l’acquisition des locaux par une fête qui a eu pas mal de succès. Nous avons renouvelé l’expérience l’année suivante avec la Fête du Printemps.

- Mais le déclencheur a été votre rencontre avec Jacques Béranger?
Oui. C’était l’ancien directeur du Théâtre municipal de Lausanne. Et il s’ennuyait un peu de sa Revue, qu’il avait reprise en 1936, et qui était devenue le grand événement culturelle de Suisse Romande. Elle avait un succès fou, était jouée cent fois. En 1967, il a installé sa Revue à Servion, et c’est là que l’aventure a réllement commencé.

- Est-il exact qu’à l’époque, votre théâtre est devenu le tremplin de beaucoup d’artistes devenus célèbres par la suite?
Absolument. Bernard Haller, Marie-Thérèse Porchet, pour ne citer qu’eux, ont fait leurs premières armes chez nous, comme beaucoup d’autres comédiens.

- Quand a été construit le théâtre tel qu’on le connaît aujourd’hui ?
La décision de le construire a été prise en 1977. J’en ai parlé à mon père, et nous sommes partis ensemble exposer le projet aux banquiers. Pendant les trois ans qu’ont duré les travaux, nous sommes partis avec la Revue sur les route de Suisse Romande. En 1980, nous avons inauguré le nouveau théâtre de 500 places… Ca a été un bonheur absolu, nous avons vécu dix années d’euphorie.

- Mais en 1994, c’est l’incendie…

Nous étions en réparation. Un ouvrier chargé de changer une vanne ne l’avait pas fait. Quand le feu s’est déclenché, sur la scène, il n’y avait pas une goutte d’eau dans la maison. Il y a eu pour trois millions de dégâts. Toute la tour de scène était inutilisable. Ca a été un coup dur…

- Vous avez reconstruit, et aujourd’hui, contre vents et marées, le Théâtre de Barnabé, devenu une véritable institution par-delà les frontières du canton, propose un programme toujours plus riche...
Avec Emmanuel Samatini, le nouveau directeur artistique, nous nous efforçons de proposer un programme varié et de qualité. Avec quelques dates importantes à l’horizon: en 2014 nous fêterons la 50e saison, en 2015 les 50 ans de l’aventure et en 2016 la 50e Revue.

Propos recueillis par Martine Bernier

Théâtre Barnabé, Route Cantonale 1077 Servion
Tél: +41 21 903 0 90

http://www.barnabe.ch/

( 6 mars, 2010 )

Don d’organes: les donneurs de vie…

Cette nuit, j’ai rempli un document.
Ce document, n’importe lequel d’entre nous peut l’obtenir.
Il s’agit de la carte de donneur d’organes.
Je l’ai toujours eue sur moi, mais j’avais égaré la dernière.

En Suisse, ces cartes se trouvent dans la plupart des pharmacies, droguerie, cabinets médicaux, hôpitaux ou sur internet (voir ci-dessous pour la France, la Belgique et le Canada).

Je ne vais pas faire ici de plaidoyer pour le don d’organes.
Je voudrais juste évoquer deux visages et des faits qui me marquent.

Cet automne, j’ai rencontré Florian (j’espère qu’il ne m’en voudra pas d’utiliser son prénom), que je devais interviewer comme ses collègues dans le cadre d’un travail.
Grand homme très doux, pétri de gentillesse, il a un vocabulaire choisi, une capacité d’attention prononcée, un courage paisible avec une lueur d’angoisse au fond des yeux, qu’il cache de son mieux.
Cadre, il est attentif aux autres, soucieux de leur sécurité, de leurs bonnes conditions de travail.
Il semble aimer les autres, et ses collègues le lui rendent bien: tous ceux qui m’ont parlé de lui l’ont fait avec tendresse.
Lorsque je l’ai rencontré, il était relié à une bouteille d’oxygène qu’il emmenait partout avec lui.
L’oxygène palliait l’insuffisance respiratoire dont il souffre, et qui, m’a-t-il expliqué, s’aggrave depuis plusieurs mois au point de lui interdire de travailler, de vivre normalement.
Il était alors en attente d’une greffe de poumons.
Mais les personnes dans son cas sont nombreuses et les donneurs trop rares.
Il avait beau être en tête de liste, il ne voyait rien venir…
J’ai pris de ses nouvelles aujourd’hui.
Sa capacité respiratoire a encore diminué.
Après 15 mois, il patiente toujours, ne se plaint pas, va jusqu’à prendre des nouvelles de ma chienne Scotty qu’il avait rencontrée en automne et dont il ignorait le décès.
D’un altruisme émouvant, toujours à s’inquiéter des autres, Florian force la sympathie.
Il donne sans le savoir une magistrale leçon de courage et de dignité souriante…

Et puis il y a ce jeune garçon lumineux, Alex, dont j’ai déjà parlé ici.
La greffe de rein dont il a bénéficié l’été passé lui a permis de reprendre une vie aujourd’hui quasi normale.
Pour lui comme pour sa famille, cet organe a été une bénédiction, une renaissance…

Combien d’autres sont en souffrance, derrière ces deux exemples qui me touchent?
Derrière chaque nom sur une liste se cache une histoire…

En Suisse, sur sa carte, le donneur potentiel peut choisir quels organes il veut offrir.
Il peut aussi accepter le prélèvement de tout organe, tissu ou cellule.
Le propriétaire de la carte peut également tout refuser et se faire inscrire sur le registre des refus.
La législation est stricte en matière de prélèvement d’organes.
En Suisse, les transplantations les plus nombreuses sont celles des reins, du foie, du coeur, des poumons, du pancréas (îlots) et de l’intestin grêle.
La transplantation tissulaire la plus fréquente est celle de la cornée.
Concernant les cellules, ce sont les greffes de cellules souches du sang qui se font le plus couramment.

J’aime cette notion d’offrir ce qui n’a plus d’avenir pour garantir un futur à quelqu’un d’autre….
Un ultime don de soi, un ultime acte d’humanité.

Martine Bernier

Pour la Suisse: www.transplantinfo.ch
Pour la France:www.france-adot.org/
Pour la Belgique:www.wallonie.be/fr/citoyens/sante-prevention-et-securite/dons-d-organes-et-de-sang/index.html
Pour le Canada:www.acdo.ca/fr/

( 10 février, 2010 )

Fondation de l’Hermitage: des chefs-d’oeuvre en visite

Chaque nouvelle exposition de la Fondation de L’Hermitage, à Lausanne, est un événement dans la vie culturelle Suisse.
Celle qui a ouvert ses portes le 6 février dernier ne fait pas exception.
« 100 chefs-d’oeuvre du Städel Museum de Francfort » propose une randonnée à travers les principaux courants artistiques, entre le romantisme et l’expressionnisme, au gré des toiles prêtée par ce qui est l’un des plus anciens musées d’Allemagne.

L’exposition fait la part belle aux peintres allemands et français à travers les différents courants artistiques de l’impressionnisme français à l’expressionnisme allemand.
Et l’ensemble, tel qu’il nous est annoncé, est d’une richesse exemplaire.
La liste des artistes exposés est plus que séduisante. Parmi les plus connus: Max Beckmann, Pierre Bonnard, Paul Cézanne, Camille Corot, Gustave Courbet, Charles-François Daubigny, Edgar Degas, Eugène Delacroix, Jeames Ensor, Max Ernst, Erich Heckel, Ferdinand Hodler, Paul Klee, Edouard Manet, Claude Monet, Gustave Moreau, Emil Nolde, Pablo Picasso, Pierre-Auguste Renoir, Auguste Rodin, Alfred Sisley, Félix Valloton, Vincent Van Gogh…

Lorsque j’aurai été la visiter, je consacrerai un deuxième article à cette exposition aussi prometteuse qu’alléchante.

Martine Bernier

Fondation de l’Hermitage, 2 route du Signal Lausanne
www.fondation-hermitage.ch
Du 5 février au 24 mai 2010.

( 5 février, 2010 )

Jacques Perrin: Paroles de survivant

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C’est un cri silencieux…
C’est un choc.

Jacques Perrin est un homme que l’on n’oublie jamais lorsqu’on l’a rencontré.
Autrefois professeur de philosophie et de littérature française, il a choisi de s’orienter vers le monde du vin.
Et là encore, il est devenu une sommité, membre du Grand Jury Européen, responsable de la revue Vinifera dont l’excellence est reconnue unanimement dans la profession.
La culture, l’esprit et l’humanisme de cet homme marquent ceux qui le croisent, dont j’ai la chance d’avoir fait partie quelques fois.
Il est l’un des grands spécialistes du vin, l’aborde sous tous ses angles et en parle avec talent.

En février 2006, cet alpiniste chevronné est victime d’une chute lors de l’ascension de l’Aiguille du Pèlerin, dans le massif des Grandes Jorasses.
L’accident, terrible…
Un corps brisé.

“Dits du Gisant” est le journal qu’il a tenu durant les quelques mois suivants l’événement.
Homme cassé, perdant la maîtrise de son corps et le sens du goût, (drame absolu pour ce prince de la saveur), il va s’attacher, jour après jour, à affronter la douleur souvent insupportable, à franchir les portes du dépassement de soi.
Au fil des mois d’immobilité, il va sonner le grand rassemblement de tout ce qu’il a accumulé de connaissances philosophiques et littéraires, d’expériences et de vécu.

Le livre qu’il nous offre n’est pas le récit facile d’un quotidien de souffrance.
Il va beaucoup plus loin que cela.
Avec une écriture puissante et pudique, jouant sur plusieurs niveaux de styles, il nous entraîne au coeur de lui-même.
Personne ne sort intact de ce voyage intérieur.
Il est d’une force et d’une intelligence stupéfiantes.
Pour le lire, il faut se délester de ses propres certitudes, des attentes que l’on peut ressentir face à un scénario aussi tristement classique que celui d’un destin torturé.
Il faut accepter d’être entraînés, renversés, happés par un fil de récit inattendu, parsemé d’allusions à des souvenirs précis, à des êtres que certains reconnaîtront.
Il faut se laisser happer par le mental hors normes de cet homme étonnant, d’une dignité et d’une élégance folles, qui parle de la douleur extrême avec des mots rares.

Ce livre est ainsi. Rare.
On le prend en plein coeur, en plein ventre.
Il ressemble au regard de Jacques Perrin, qui est un monde à lui seul, d’une intensité qui vous cloue au sol.

Aujourd’hui, ce survivant est à nouveau un homme debout.
Mais a-t-il un jour cessé de l’être, même lorsqu’il était gisant?

Martine Bernier

« Dits du Gisant », Jacques Perrin, Editions de l’Aire.

Blog de Jacques Perrin:http://blog.cavesa.ch/

( 31 janvier, 2010 )

Le Pavillon Elysée Lenôtre

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Le Pavillon Elysée Lenôtre ne se présente plus, précédé d’une réputation internationale.
Et pourtant, le découvrir ou le redécouvrir est un plaisir… alors pourquoi ne pas le dire?

C’est un endroit raffiné, chargé d’Histoire et pour cause: il a été créé en 1900 pour l’exposition universelle, face au Grand Palais.
Raison pour laquelle l’architecture du Pavillon, à Paris, mérite à elle seule le déplacement.
Lieu réputé, chic et design, remis au goût du jour en 2003, il est voué aux plaisirs et à l’Art de la table.
Ce lieu particulier situé au bas des Champs-Elysées dans un écrin de verdure et de calme, accueille une Ecole de Cuisine et Pâtisserie ouverte aux adultes comme aux enfants, un Café Lenôtre, un comptoir culinaire et des salons de réception…

Voilà pour la partie officielle.

De manière plus pratique, l’expérience d’un repas chez Lenôtre est un petit bonheur.
Dès l’entrée, les clients sont accueillis. Et la qualité du service ne faiblit pas une fois entrés dans la salle.
Les verrières rendent l’endroit très clair, l’ambiances est paisible, le personnel prévenant.
Quant à la cuisine, elle est à la hauteur de la réputation de cet établissement qui se targue d’être, depuis près de 50 ans, le partenaire des plus belles fêtes parisiennes.
La carte est inventive, originale, les plats délicieux, magnifiquement présentés…

Lorsque nous y étions, alors que Jean-Pierre Coffe venait de nous quitter, le maître d’hôtel a tenu à nous faire goûter la spécialité de la maison: les macarons glacés.
Une gourmandise fine et parfaitement réalisée, à la hauteur de la réputation de la maison…

En résumé, le Pavillon cumule les atouts: un site idéal au coeur de l’avenue la plus prisée du monde, un petit bijou d’architecture, un service parfait et, surtout… des artistes en cuisine.

Martine Bernier

Café Lenôtre – Comptoir – Ecole – Salons de réceptions
10 avenue des Champs Elysées – 75008 PARIS
N° tél : 01 42 65 85 10

( 20 janvier, 2010 )

Michel Bernier: Pas une ride, mais quel talent…

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Paris ne serait pas Paris sans ses spectacles.
En ce début d’année, Michèle Bernier est à l’affiche, au Théâtre de la Renaissance, avec son dernier One Woman Show: « Pas une ride ».
Et une fois de plus, elle navigue sur un fil entraînant les spectateurs très exactement là où elle le veut: aux sommets du rire ou au coeur de l’émotion

Avec un sens de l’auto-dérision aiguisé, elle nous présente sa vie de femme de cinquante ans, sans fard, uniquement poudrée d’un sérieux voile de drôlerie.
Et là, tout y passe… ou du moins tout ce qui énerve, agace et révolte:

- Le culte du jeunisme
- La beauté
- Le poids
- La perte des parents
- Les joyeusetés liées à l’âge, comme le passage obligé par la mammographie, moment ô combien romantique dans la vie d’une femme
- Le départ des enfants
- Les rencontres d’un soir
- Le temps qui passe, ce que certains ne se privent pas de nous rappeler

Il suffit de croiser les regards de connivence entre les femmes du public pour réaliser que chacune se sent concernée. Mais, à voir les réactions des hommes, dans la salle, ils ne restent pas indifférents eux non plus face à l’humour de la comédienne.

Avec le talent de l’artiste, la mise en scène cinématographique, la musique presque entièrement originale à l’exception de quelques rappels aux années 70, et la puissance des textes, l’ensemble donne un cocktail détonnant, 1h45 au cours desquelles les spectateurs sont scotchés et ne voient pas le temps passer.

Décapante, tendre, très drôle, Michèle Bernier réussit à faire rire tout en étant émouvante.
Sa sensibilité et son humour font merveille.

Martine Bernier

THEATRE DE LA RENAISSANCE
Paris
20, bld St Martin
75010 PARIS
du 08/01/2010 au 30/06/2010.

( 18 janvier, 2010 )

Musée de la Contrefaçon: Au coeur de l’illusion

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(photo unifab)

En plein cœur de Paris, une porte cochère s’ouvre sur un musée inattendu: celui de la Contrefaçon, destiné à sensibiliser le public à ce qui est un véritable fléau. Créé en 1951 sous la houlette de l’Union des Fabriquants, première association de lutte anti-contrefaçon, il est situé dans une artère au nom prédestiné: la rue de la Faisanderie…

La contrefaçon, véritable fléau en pleine évolution, ne date pas d’hier. Mais selon les époques, elle était punie bien plus sévèrement qu’aujourd’hui. Du temps des Romains, les petits fûtés qui copiaient certains bouchons d’amphore, avaient la main coupé. En France, il a fallu attendre 1857 pour que la contrefaçon ne soit plus considérée comme un crime, mais comme un délit.
Aujourd’hui, elle a pris des proportions telles qu’elle représente un manque à gagner de 200 à 300 millards d’euros par an dans le monde. Ces objets copiés sont réalisés en Chine, pour 60% d’entre eux. Comme le droit international en est encore à ses balbultiements en la matière, le fait de risquer notamment jusqu’à 300 000 euros d’amende et trois ans d’emprisonnement n’empêche pas les contrefacteurs de poursuivre leur juteuse activité.
Ce musée passionnant présenté comme une collection, avec l’objet authentique et, en vis-à-vis, sa contrefaçon, dresse un constat inquiétant. A la fin de l’année 2008, les contrôles douaniers ont indiqué que les saisies avaient augmenté de plus de 40%, atteignant 6,5 millions en 2008, hors cigarettes. Et les chiffres ne cessent d’augmenter.

Parmi les objets les plus copiés, les montres et les couteaux suisses figurent en bonne place. Mais aucune gamme d’articles n’est épargnée. Cigarettes, parfums, objets de luxe, vêtements, jouets, denrées alimentaires, cosmétiques, alcool, médicaments, électroménagé, articles électroniques, œuvres d’art, matériel de sport, logiciels etc: tout est copié. U constat affolant si l’on sait que tous ces objets sont de mauvaise qualité, souvent dangereux et sources d’accidents domestiques.
Sur un autre plan, la contrefaçon sacrifie des milliers d’emplois en Europe, et favorise le travail clandestin et celui, inacceptable, des enfants.
Lorsque l’on visite le musée, on y découvre que la meilleure façon de découvrir quel produits est le faux, il suffit de se pencher sur les étiquettes ou les boîtes. Les textes imprimés sur ces dernières sont le plus souvent parsemé de fautes d’othographe. Mieux encore: certains noms de produits comportent des erreurs monumentales. Comme la marque de stylo « Bic » devenue « Big » après copie…
Un petit conseil enfin si vous voulez éviter de vous faire arnaquer: n’achetez les produits de luxe sur Internet que si vous êtes sûrs de passer par le site de la maison mère.
Et si vous souhaitez céder aux sirènes de la contrefaçon en achetant des faux, sachez encore que vous effectuez là un délit douanier.
Vos précieux objets peuvent être confisqués et détruits…

Martine Bernier

16, rue de la Faisanderie – 75116 Paris
 
Tel : 01 56 26 14 00

Ouvert : 
du Mardi au Dimanche de 14h à 17h30
Tarifs :
4 €
Groupe : 3 €
Guide : 35 €
( sur réservation du Mardi au Vendredi de 9h30 – 12h30 et 14h -17h30 )
Gratuit : – de 12 ans, journalistes, demandeurs d’emploi 
( justificatifs demandés )

( 16 janvier, 2010 )

Jean-Pierre Coffe: Du coeur et de la convivialité

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Il est rare que je souhaite rencontrer deux fois la même personnalité.
Jean-Pierre Coffe a tant à dire, tant à partager, qu’il fait exception à la règle.
Son actualité est toujours aussi riche et trépidante, mais il prend le temps de se poser, de partager un repas, de partager une conversation intime et de reprendre le fil d’une interview en s’amusant des questions posées lorsqu’elles entrent dans sa sphère privée, sans esquiver celles qui le dérangent. L’image que le public connaît de lui ne correspond qu’à une infime partie de sa personnalité. Généreux et fin, c’est un homme sensible, cultivé, pour lequel la convivialité n’est pas un vain mot… Rencontre à Paris, au Café Le Nôtre, autour d’un repas, pour un moment très particulier.

- La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, vous m’aviez notamment parlé de ce que vous aviez fait, voici quelques années, pour les personnes âgées isolées et dépourvues de moyens financiers suffisants pour pouvoir partir en vacances. Vous aviez, à l’époque, créé une association qui permettait de les envoyer en vacances à travers la France et, parfois, à l’étranger, chez des personnes qui les accueillaient chez elles. Privé de subventions, vous aviez fini par financer le tout de vos propres deniers avant de devoir abandonner, la mort dans l’âme…
Oui… c’est très amusant que vous reveniez sur ce sujet, parce qu’il est question que ce soit repris. C’est en projet. On m’a demandé de réorganiser la même chose en France. Et cette fois, l’initiative serait supportée par un Groupe d’assurance. J’ai rencontré les responsables par hasard, et ils m’ont demandé comment l’on pourrait parler d’eux. Je leur ai dit que j’avais une idée, que ce serait formidable si l’on remettait ce projet en route. Comme il faut un assureur, ce pourrait être eux. Il n’y a pas grand-chose à payer puisque ce sont les gens qui invitent qui paient les frais.
Le problème en France, et je pense que c’est pareil un peu partout dans le monde… le Français est égoïste. C’est très lié à la façon de manipuler la générosité. On sort son portefeuille, on pose 20 euros ou 20 francs sur la table et l’on est libéré de sa culpabilité. C’est la même chose si vous voulez parrainer quelqu’un. Vous payez et vous ne vous en occupez plus. Cela ne viendrait pas à l’idée de se dire: « Je paie tous les ans pour le même petit Ghanéen, et je ne le verrai jamais, je ne vais pas le recevoir chez moi, il n’y aura pas d’échange… »
Je suis contre cette façon de faire.
A l’origine, en France, on quêtait sur la voie publique pour les veuves de guerre, les personnes âgées, les paralytiques… On donnait un peu d’argent et l’on recevait une épingle avec un bout de papier que vous épingliez à votre poche. C’était valorisant.
Donc, quand on m’avait posé le problème des vacances pour les personnes esseulées, je ne voulais pas d’une opération pleine d’argent. L’idée était: arrêtons de quêter et de se donner bonne conscience parce que l’on donne de l’argent et rien d’autre. Donnons réellement de notre personne. Ouvrons notre maison, partageons. Partageons la table, les joies, les fêtes, le temps, et en échange de cela, rendons service. Que les deux donnent. L’un reçoit chez la personne, en échange de quoi l’invité va parler aux enfants, leur apprendre ce qu’est la communication, leur apprendre ce qu’est la cuisine, recoudre un bouton. Elle fera ce qu’une grand-mère ferait. Il ne s’agit pas de travailler, d’être transformée en femme de ménage, non. D’ailleurs, à l’époque, à la moindre plainte de ce genre, nous intervenions. Simplement, la personne ne sera pas à charge, elle sera utile, en étant intégrée à la famille.

- Vous soutenez également l’opération « Je Déj’, je donne ». De quoi s’agit-il?
Cela fait partie de mon combat pour la lutte contre la faim dans le monde. Le projet va évoluer, puisqu’il a eu lieu au moment de Noël. L’association contre la faim dans le monde cherchait une personnalité qui accepterait d’expliquer qu’ils avaient passé un accord avec l’organisation des chèques restaurant. Quand on payait avec un chèque restaurant, une partie de cette somme était redistribuée pour la faim dans le monde. Mon équipe de TV a accepté gratuitement de tourner, Drucker a accepté que l’on montre la bande. On a tourné chez moi à la campagne etc, pour diffuser une information.

- Depuis quelque temps, vous intervenez sur une nouvelle collection: « Ce que nous devons savoir sur… ». Pouvez-vous en dire quelques mots?
Je suis directeur de cette collection. Je fais la préface, et je choisis les sujets. Chaque livre est réalisé par un auteur différent, et conçu selon le même canevas, avec une partie historique, une partie de communication, une partie d’explications techniques, des recettes, etc. Nous en avons en préparation des volumes sur le fromage, le yaourt, le poisson, par exemple. Je travaille beaucoup sur les yaourts en ce moment car je voudrais que l’on puisse en faire sans épaississant, sans colorant et sans arômes.

- Etes-vous vous-même en préparation d’un nouvel ouvrage?
Oui. A la fin du printemps sortira « Recevoir ses amis à petits prix »… Avec des idées de repas, mais aussi de vins bons et peu chers

- Pourriez-vous avoir un jour l’envie d’écrire un livre sur les régimes?
Jamais! J’ai fait un régime quand j’étais jeune parce que je pesais 130 kilos. Et j’ai perdu tous mes cheveux en 48 heures! Alors les régimes… Il est nettement plus intelligent de parler de bonne hygiène de vie. Mais je n’ai pas le temps d’écrire sur ce sujet: j’ai signé pour des ouvrages jusqu’en 2014!

- Vous collaborez avec Leader Price. Pour eux, vous testez et validez des produits alimentaires, visitez des usines. Votre image apporte une crédibilité nouvelle à la marque. Pourtant, vous avez été attaqué plusieurs fois sur votre démarche, et particulièrement par Perico Leggas qui vous a mis en cause à propos de raviolis dont la viande n’est en fait que de la farce composée de cartilage etc. Comment réagissez-vous à ces attaques?
Je me défends en principe face à des interlocuteurs qui sont de bonne foi, qui ont des arguments sérieux. Ce qui n’est pas le cas ici. Cet homme, qui a été mon employé pendant trois ans, m’attaque sur un produit qui date de 2001 et qui a été retiré de la vente en 2002! S’il avait mon estime, je me défendrais, mais pas là. Ce sont des attaques personnelles, je ne m’abaisserai plus à lui répondre, j’ai déjà rectifié la vérité à la télévision, à la radio, dans la presse. Si vous saviez le travail que j’effectue pour cette campagne… J’effectue deux visites d’usine par semaine pour vérifier la qualité des produits. Je suis suffisamment orgueilleux et fier de ce que je fais pour Leader Price pour ne pas m’arrêter à cela.

- J’aimerais que nous imaginions ensemble un questionnaire de Proust de la gastronomie. Pour un repas idéal, quelle serait votre entrée préférée?
Des asperges avec une sauce hollandaise.

- Votre plat principal?
Une blanquette de veau.

- Trois fromages?
Tout dépendra de la saison. En été, un assortiment de chèvres. En automne, un camembert. Et en hiver, un munster, un très vieux roquefort et un vrai gruyère de Gruyère. Au printemps, les fromages ne sont pas faits. Il faut donc prendre des fromages d’hiver.

- Votre dessert?
Si je prends une entrée, un plat et des fromages, je n’en mange pas. Sinon, j’aime beaucoup les desserts dans la grande tradition de la pâtisserie française: les babas au rhum, les Paris-Brest, les mille-feuilles. Je fais aussi une charlotte aux pommes, uniquement avec des pommes, qui est le dessert que je sers lorsque j’ai du monde.

- Le produit dont vous ne pourriez pas vous passer?
L’œuf!

- Celui que vous ne supportez pas?
Le surimi

- Votre épice?
Le curcumin

- Le légume?
L’asperge, parce que c’est réellement un légume de saison, et la pomme de terre.

- Le fruit?
J’adore la pêche.

- La friandise?
Pour moi, le chocolat à la pistache est irrésistible. Surtout s’il vient d’un petit magasin de Lausanne, dans une rue qui descend, où ils vendent un chocolat extraordinaire.

- Votre boisson?
J’aime beaucoup le vin blanc. Je choisirais un Chenin.

- Votre péché mignon?
Le petit-déjeuner, quand j’ai le temps. Je le prends vers 11 heures, et cela me tient jusqu’au soir. Cela peut être avec du saumon fumé, un œuf à la coque, du caviar, des confitures, des toasts, des salades de fruits frais…

- Qu’avez-vous toujours dans votre frigo?

De la graisse de canard et du saindoux

- Et dans vos placards?
Du thon, du maquereau en boîte et des sardines. J’adore ça!

- Quel aliment ne mangerez-vous jamais?
De la cervelle de singe décalloté vivant. C’était le repas des empereurs Manchus. J’ai mangé de la chauve-souris, du boa, des tas de choses. Mais ça, je n’ai pas pu…

- Quels convives, d’hier ou d’aujourd’hui, aimeriez-vous réunir autour d’une table idéale?
Voyons… Miou-miou et Jean Teulé, parce que ce sont des amis, Jussieux, Vincent de la Chapelle, créateur de la cuisine moderne sous Louis XV, Tayllerand et Jean de la Quintinie, jardinier de Louis XIV. Il faudra que j’aille voir si c’est possible, en arrivant au Paradis!

Martine Bernier

( 27 novembre, 2009 )

Monet et le sublime musée d’Orsay

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Un matin de novembre 2008, je me suis posé la question: mais où se trouve donc le tableau de Claude Monet “Le Bassin aux Nymphéas, Harmonie Verte”? Un coup d’oeil sur Internet m’apprend qu’il est au Musée d’Orsay, à Paris. Visite et… coup de foudre! A découvrir ou redécouvrir.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Je suis sur place: je saisis donc l’occasion pour m’y rendre. Que ne ferait-on pas pour les tableaux de Claude Monet et pour celui-là en particulier!
Comme toujours à Paris, aux alentours des musées, les parkings sont remplis. Un conseil si vous tentez l’expérience en voiture: garez-vous sur les berges de la Seine, à deux pas de là. Le musée impressionne par son architecture. Aménagé dans l’ancienne gare d’Orsay créée pour l’Exposition universelle de 1900, il a ouvert ses portes au public en 1986. La structure de la gare offre des volumes énormes. Elle permet des galeries longues et larges dont la principale a été aménagée pour recevoir des sculptures et des statues. D’entrée, le visiteur en prend plein la vue et le coeur…

Certains ne jurent que par le Louvre. Oublier que le musée d’Orsay recèle quantité de trésors serait une hérésie. Connu dans le monde entier, notamment pour sa collection de tableaux impressionnistes, il abrite des oeuvres majeures. Renoir, Degas, Monet, Manet, mais aussi Bonnard, Signac, Van Gogh, Gauguin, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Courbet, Delacroix, le Douanier Rousseau et des centaines d’autres y sont présents. La richesse des collections explique l’affluence des visiteurs venus du monde entier pour découvrir ces tableaux et ces sculptures essentielles. La visite est un ravissement. Chaque salle propose des merveilles. Et des peintres d’aujourd’hui s’appliquent à marcher dans les pas des maîtres en recopiant leurs tableaux devant les yeux des visiteurs.

De tableau en tableau, j’arrive à ceux de Monet. La suprise est totale: ils sont nombreux, très nombreux. Ses plus belles oeuvres sont ici. Et le doux “Bassin aux Nymphéas” trône discrètement dans un angle de la pièce, symphonie de verts au milieu des jardins que l’artiste a tant aimés.
Ceux qui estiment que les musées ne sont pas des lieux vivants devraient s’y rendre plus souvent… Ici, le bonheur, l’émotion des visiteurs sont manifestes. Délaissant la file interminable qui mène les amateurs devant le fameux “Déjeuner sur l’Herbe”, beaucoup se dirigent vers “le” tableau qui les attire depuis longtemps. Chacun a le sien. Ici, les gens rêvent.. Histoire de reprendre des forces avant de poursuivre la visite, vous pouvez vous arrêter au restaurant, au deuxième niveau, juste derrière la gigantesque horloge de l’ancienne gare. Entre la vue panoramique sur la ville et les oeuvres somptueuses accrochées, ce musée d’art mille fois présenté mérite de se voir consacrer une journée. Qui sera belle, très belle, soyez-en sûrs.

en savoir plus
Musée d’Orsay, fermé le lundi. Ouvert de 9h00 à 18h00.
Prix: 9,50 euros. Adresse: 1, rue de la Légion d’Honneur, Paris.
Site: www.musee-orsay.fr

( 22 novembre, 2009 )

Michel Boujenah: Le Coeur en Provence

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Dans l’appartement qu’il occupe avec sa famille à Paris, Michel Boujenah semble de passage. Son véritable « chez lui » se trouve à St Paul-de-Vence, loin du bruit de la ville. Entre ses films, ses spectacles et ses responsabilités de directeur du Festival de Ramatuelle, cet homme hypersensible promène sur le monde un regard un peu mélancolique doublé d’un humour à fleur de peau.

« Je vous offre un café? » La fatigue du décalage horaire a beau l’écraser, Michel Boujenah reste un homme du sud. Le sens de l’hospitalité fait partie de lui au même titre que le naturel et la chaleur humaine. Revenu l’avant-veille de Montréal, fêté par ses pairs pour ses 30 ans de carrière, il jette à son appartement un regard de survivant en lançant: « Vous vous rendez compte… hier, il y avait dix enfants ici pour une fête d’anniversaire! » Tout le charme de l’humoriste est dans ce regard à la fois amusé et vaguement perplexe. Son amour pour ses enfants, âgés de 8 et 10 ans, transparaît au détour de ses phrases. Tout comme ce goût des autres qu’il a utilisé pour créer les personnages attachants de ses spectacles. Ceux-ci sont épicés comme le sont ses souvenirs d’enfance, dont les racines sont plantées à Tunis où il a vécu ses premières années au bord de la mer. « Mes premiers souvenirs sont liés à l’odeur de la peinture bleue qu’il fallait souvent utiliser pour repeindre les volets et les portes abîmés par l’air marin. Les pigments de la peinture avaient un parfum particulier que j’adore. J’aimais aussi beaucoup celui de l’iode, les soirs d’été quand la mer remonte. Et puis, il y avait le jasmin, partout… J’en ai planté dix dans mon jardin, dans le sud de la France, en sachant parfaitement que tous ne survivraient pas. J’ai pu en sauver quatre, qui embaument.  »

Parfums d’enfance

De son enfance en Tunisie, le comédien parle avec une chaleur teintée de nostalgie. Il raconte comment, le matin, il partait chercher les beignets fraîchement cuits dans l’huile pour les ramener à son père avant qu’il ne parte au travail. Il parle de la douceur de vivre, puis du déchirement ressenti, alors qu’il avait 11 ans, lorsque, avec sa famille, il immigre en France. « Quand je vois ce qui se passe en Afrique, j’ai honte de dire que j’ai été malheureux en arrivant à Paris. Mais il n’y a pas de hiérarchie dans la douleur. Nous vivions à six dans deux pièces, mais, au moins, nous n’étions pas à la rue. J’étais en révolte totale contre cette situation. J’ai connu le racisme: j’étais un arabe de confession juive. J’ai beaucoup souffert, mais j’ai revendiqué mes racines, et cela m’a porté tout au long de ma carrière. »

Un havre en Provence

Aussitôt qu’il le peut, Michel Boujenah s’échappe avec les siens, vers sa maison de St-Paul-de -Vence, sur la Côte d’Azur. Il avoue ne pas aimer les villes, ne se sentir bien que dans la campagne, près de la mer « y compris la Manche, pourvu que ce soit la mer! ». Dès qu’il débarque dans sa maison de Provence, il retrouve un univers de liberté, pratique l’art de la sieste et… file à la pêche! Mais pas n’importe quelle pêche… « Je pratique la pêche en mer, avec mes copains. Ma spécialité, c’est la dorade. D’ailleurs, ma fille en a dessiné une que j’ai mise sous verre. Cette pêche, c’est une école de la patience. Nous partons de nuit, vers 18 ou 19 heures, nous posons nos lignes et nous attendons souvent très longtemps. Nous mangeons sur le bateau, nous discutons… Puis, quand il y a une touche, il faut être adroit. Le poisson peut se débattre, il faut le ramener tout en douceur. Je ne pêche que ce que je mange, et je remets toujours le reste à l’eau. »
Lorsqu’il parle de son jardin en Provence, Michel Boujenah a des étoiles dans les yeux. De ce terrain de 6000 m2, il cultive la moitié et laisse l’autre en paix. L’artiste voue une véritable passion aux arbres. En arrivant, le jardin ne contenait qu’un olivier et un figuier couché. Ils ont été rejoints par beaucoup d’autres, tous plantés de ses mains, sous le soleil du sud qui lui est si cher. Comme il le précise en souriant, si à Paris, il écrit, réalise ses films, monte ses spectacles, joue… à St Paul-de -Vence, il vit, tout simplement.

Nourriture sacrée

« La cuisine est pour moi la pièce maîtresse de la maison. La mienne est décorée avec les tableaux de mes enfants. Elle a une âme. Je fais très attention à ce que j’avale, mais j’adore bien manger et cuisiner. La nourriture, pour moi, c’est sacré. Par exemple, je déteste que l’on jette le pain. Chez moi, on l’embrassait avant de le manger. La nourriture tunisienne est composée de beaucoup de grillades, de salades, de couscous. Mais j’adore aussi la cuisine japonaise, chinoise, italienne, la fondue au fromage et… la raclette! »
Martine Bernier(printemps 2008)

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