( 22 novembre, 2009 )

Michel Boujenah: Toute la chaleur du Sud

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Il a le regard bleu comme les eaux de la Méditerranée qu’il aime tant. Mais, surtout, il a cette sensibilité à fleur de peau qui fait de lui un écorché vif, atteint par les douleurs du monde. Rencontre avec un homme déraciné dont l’humour tendre et décapant, cohabite avec des failles et des douleurs avec lesquelles il apprend à vivre jour après jour. Un bel humain qu’il est difficile de regarder autrement qu’avec tendresse.

- Vos premiers souvenirs d’enfant, vous les avez à Tunis, où vous êtes né…
Oui, je me souviens du parfum du jasmin, de l’odeur de la peinture bleue utilisée pour repeindre les volets et les portes. Il fallait les repeindre souvent, au bord de la mer… Je me souviens aussi des beignets que j’allais chercher, le matin, avant que mon père ne parte travailler. Il était médecin et je ne le voyais que rarement.
- Enfant, vous avez été très malade…
J’avais une décalcification des deux épaules. J’ai dû me faire opérer plusieurs fois. J’étais réellement malade, mais je pense que quelque chose en moi s’arrangeait de cette maladie qui me permettait d’attirer sur moi l’intérêt de mon père.
- Comment avez-vous vécu votre arrivée en France, lorsque vous aviez 11 ans?
Très mal. Quand je vois ce qui se passe en Afrique, j’ai honte de le dire: après tout, nous n’étions pas à la rue. Mais il n’y a pas de hiérarchie dans la douleur. J’étais déraciné. Avec ma famille, nous nous retrouvions à vivre à six dans un appartement de deux pièces. J’étais très triste, en révolte totale contre tout cela. Comme j’étais Arabe de confession juive, ce n’était pas facile. J’ai connu le racisme, j’en ai beaucoup souffert.
- Quand les choses ont-elles commencé à s’améliorer?
Au bout de deux ans, j’ai eu un professeur de math qui portait presque le même nom que moi. Il était gentil avec moi, et je me suis senti un peu mieux. Mais je continuais à dire “eux” lorsque je parlais des Français… Je ne me sentais pas chez moi, pas intégré.
- Puis est venu le temps où vous avez revendiqué vos racines…
Oui. J’ai commencé à faire du théâtre. Vers 24 ans, j’ai décidé d’assumer ce que j’étais, et j’ai fait vivre des personnages à travers mes propres spectacles. Je me suis senti beaucoup mieux!
- Depuis trente ans, le public vous suit. Quelle relation avez-vous avec lui?
Mon rôle est de faire rire. Je vis dans le présent de la représentation avec les personnes venues me voir, et je donne beaucoup d’amour, de tendresse. Mais j’en reçois aussi énormémement. Les applaudissements, à la fin d’un spectacle, c’est toujours un moment profondément émouvant.
- Quel a été votre plus beau souvenir professionnel?
Le jour où j’ai joué la première représentation de mon premier spectacle “Albert”, en Tunisie. Et la dernière, à l’Olympia de mon autre spectacle, “Les Magnifiques”. Dans les deux cas, c’étaient des moments très forts…
- Avez-vous un regret?
Oui.. mais vous n’allez pas me croire! Je regrette de ne pas avoir été plus loin dans la pratique du tennis. J’étais très bon, mais mes problèmes de santé m’ont empêché de poursuivre. Je regrette aussi de ne pas avoir été pédopsychiatre. Et, surtout, je regrette le temps qui passe… J’aimerais que les journées comptent au minimum 92 heures!
- Vous avez un appartement à Paris, vous retournez souvent en Tunisie où vous êtes chez vous, mais, en France, votre coin de paradis se trouve à St Paul-de-Vence.
Je déteste Paris, les villes en général. J’ai besoin du calme de la campagne, j’adore la mer. Même la Manche, tiens, pourvu que ce soit la mer!
Le sud de la France me fait un bien fou. Je m’y sens beaucoup plus libre. Je retrouve mes marques: j’y fais la sieste, je vais pêcher en mer avec mes amis. Notez que je ne pêche que ce que je mange: le reste, je le remets à l’eau! J’aime ces heures passées entre copains, j’aime ma cuisine, là-bas. C’est la pièce maîtresse de la maison, elle a une âme, décorée avec les tableaux de mes enfants. Nous y passons tout notre temps. J’aime les arbres. Quand je suis arrivé là-bas, il n’y avait qu’un olivier et un figuier couché. J’ai planté tout le reste. Y compris le jasmin, pour retrouver le parfum de l’enfance.
- Vous préparez en ce moment un nouveau spectacle: “Enfin libre”. De quoi parlera-t-il?
Au bout de trente ans de carrière, j’ai aujourd’hui la liberté de faire ce que je veux. La liberté est une expression luxueuse… Ce spectacle parle des choses qui me préoccupent en ce moment, de la difficulté d’être soi-même. Il parle beaucoup d’amour, de la déchéance, de la pauvreté. Je crois que l’on peut être soi-même tout en regardant le monde, en s’y intéressant.

Propos recueillis par
Martine Bernier (printemps 2008)

( 22 novembre, 2009 )

Nicolas Joly: Pape de la biodynamie

Vigneron militant et engagé, le français Nicolas Joly parcourt le monde pour défendre les bienfaits de la biodynamie. Considérée par la presse spécialisée comme étant un producteur exceptionnel, son grand cru « La Coulée de Serrant » figure au firmament des grands vins blancs de France. Visite dans son domaine de la Roche aux Moines.

La route est longue, pour arriver jusqu’au réputé Vignoble du Clos de la Coulée de Serrant, propriété de Nicolas Joly surnommé, à travers le monde, « le pape de la biodynamie ». Neuf bonnes heures de route séparent la Suisse de son domaine, à Savennières, près d’Angers. Mais le déplacement en vaut la peine. Malgré les sollicitations dont il fait l’objet pour donner des conférences à travers le monde, le maître des lieux accueille ses hôtes avec une chaleureuse disponibilité. D’emblée, ce passionné aborde le sujet de la biodynamie sans détours.
Il se définit lui-même comme anthroposophe, tout en précisant « Je suis lié à ce savoir qui est une formidable connaissance pour l’homme, mais je conserve un certain recul. » Cette philosophie issue de Rudolf Steiner aborde toutes les facettes de la Vie. Bien qu’il s’intéresse à chacune d’entre elles, celle qui occupe essentiellement Nicolas Joly est la biodynamie. Cette méthode de culture exclut toute utilisation d’engrais chimique, acaricide, pesticide, désherbant ou produit chimique de synthèse d’aucune sorte.
 » Lorsque les gens retournent à la biodynamie, explique-t-il, c’est parce qu’ils ont compris que la nature est quelque chose d’organisé, de compliqué. Ils excluent alors les produits chimiques que cette nature est incapable de gérer. La biodynamie nous explique qu’il existe une matrice énergétique autour de la terre. Il s’agit de reconnecter la terre à ce monde énergétique. »
Nicolas Joly est clair: il ne faut pas confondre la biologie – déjà considérée comme un progrès important à ses yeux – et la biodynamie. La seconde utilise des préparations agissant comme catalyseurs d’énergies précises. C’est de ces processus particuliers, de calcaire, de potasse ou d’autres ingrédients, que se nourrit la terre.
Son discours est fouillé, limpide, mais parfois sévère avec l’homme: « L’homme se considère comme un être important, mais ne semble pas comprendre qu’il fait partie d’un tout, assène-t-il. L’UNESCO a affirmé que la biodynamie est l’enseignement le plus adapté pour résoudre les maux de notre époque. L’explication est simple. Une personne qui a la main verte est reliée par le cœur et par la tête à ses plantes. De la même façon, il faut expliquer à l’individu qu’il fait partie de ce monde. L’intellectuel sait, mais ne comprend rien. La biodynamie demande de comprendre le monde. »
Cultiver une vigne en biodynamie ne veut pas dire forcément qu’elle donnera un vin de qualité. En revanche, il sera imprégné des arômes et des goûts typiques à son terroir. Nicolas Joly estime qu’avant d’être bon, un vin doit être vrai, authentique. Il se réfère souvent à Goethe pour expliquer « que chaque acte agricole a un impact sur les maladies de la vigne, sa santé et le goût du raisin. Raison pour laquelle il faut redécouvrir l’immense diversité des plantes qui nous entourent, leurs particularités, leurs gestes. » Le but étant de ne jamais contrarier le travail de la vigne, mais de le soutenir.
Pour le propriétaire du Clos de la Coulée du Serrant, la lutte intégrée n’est pas vraiment un progrès. « Celui qui l’a mise en place a manifesté le désir de faire mieux, analyse-t-il. Mais cela ne marque pas d’amélioration réelle puisque, au lieu d’utiliser 100% de poison, on en utilise 80%. Ce qui est déjà beaucoup trop. Je ne suis pas non plus d’accord avec certaines exigences de Déméter qui n’encouragent pas la pratique de la biodynamie sur des parcelles trop morcelées. Le danger est de pousser trop loin une idée. La biodynamie est une force pour la terre. Il faut la pratiquer le plus possible. »

En France, selon Nicolas Joly, les écoles d’agriculture sont partagées quant au regard qu’elles portent sur la biodynamie. Mais, à l’image de nombreux grands viticulteurs, beaucoup s’ouvrent de plus en plus à cette pratique, comme à la biologie. Pour donner de bonnes bases à ses préceptes, le vigneron spécialiste et quelques-uns de ses collègues ont fondé une association pour une renaissance des Appellations Contrôlées. Ses membres garantissent que leurs produits ne sont pas traités génétiquement. Une charte de qualité permet de passer, en fonction des actes accomplis, figurant dans le document, de une à trois étoiles « vertes », auxquelles vient s’adjoindre la notation habituelle que font les guides des vins. Tous les vignerons ayant adopté cette charte promettent ainsi des vins authentiques et inimitables, le rapport sol / climat ayant partout un aspect différent.

La Coulée de Serrant d’hier et d’aujourd’hui

Planté au 12e siècle par des moines Cisterciens, le vignoble de la Coulée de Serrant, aujourd’hui propriété de la famille Joly, n’a jamais eu d’autre vocation que celle de la vigne. L’ancien monastère d’époque existe toujours. Quelques centaines de mètres plus loin, également dans le périmètre de la propriété, a été construit le Château de la Roche aux Moines. Cette forteresse qui veillait sur la Loire présente en contrebas, a connu son heure de gloire en 1214, lorsque le Prince Louis, fils de Philippe Auguste, mis en déroute Jean Sans Terre, roi d’Angleterre. Au 16e siècle, sur ordre du roi, la forteresse a été démantelée lors des guerres de religion pour qu’elle ne devienne pas un bastion protestant. Aujourd’hui, les ruines sont toujours visibles et sont classées, tout comme le monastère. Des souterrains servent encore de chais à l’habitation actuelle, reconstruite deux siècles après la destruction du château. Elle est le siège actuel du prestigieux vignoble, installé, comme le précise son propriétaire, sur un ancien lieu celtique.
Les sept hectares de la Coulée de Serrant, qui figure parmi les meilleurs vins blancs de France, est cultivée en partie à la main et au cheval, en raison de la raideur des pentes surplombant le fleuve. Louis XI et Louis XIV célébraient déjà ce vin comme un produit rare et unique. Depuis 1985, le vignoble est entièrement cultivé en biodynamie.

Biodynamie: les préceptes fondamentaux

Il est difficile, voire impossible de résumer la biodynamie en quelques lignes. Nicolas Joly estime que seul un sol vivant doté des micro-organismes qui lui sont propres peut donner un vignoble sain et de valeur. Pour lui, quatre associations sont vitales entre la terre et la plante: le minéral et la racine, le liquide et la feuille, la lumière et la fleur, la chaleur et le fruit.
Il faut également tenir compte de l’existence d’une polarité entre la gravité (qui tire vers le bas, par les racines), et la force ascensionnelle (qui tire vers le haut, notamment par la fleur). La biodynamie préconise la prise en compte subtile d’une multitude de paramètres destiné à préserver la santé de la vigne et à rétablir l’équilibre naturel du vignoble.

( 22 novembre, 2009 )

Jean-Pierre Coffe: L’élégance du coeur…

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Jean-Pierre Coffe est connu pour ses colères, ses indignations devant certaines inepties, alimentaires ou autres, du monde moderne. Ecrivain, il a signé une trentaine d’ouvrage, touche à la radio, au théâtre, est chroniqueur dans l’émission de Michel Drucker « Vivement Dimanche ».
Le public sait moins que, derrière le personnage public, se cache un homme de coeur, d’une élégance rare, pour lequel l’entraide n’est pas un mot inconnu.

- Vous avez une relation très particulière avec la Suisse..
Mes premiers souvenirs me viennent de ce pays. Je suis né en 1938, à Lunéville. Mon père a été tué pendant la guerre. Ma petite enfance a donc été difficile. Après la guerre, la Croix-Rouge a invité des orphelins en Suisse. J’ai été accueilli dans le Jura, chez la famille Fleury. C’était dans une ferme, dans laquelle il y avait des vaches, des porcs, des chevaux, des lapins… Je m’y sentais tellement bien que, de retour chez moi, je me suis fait passer pour malade pour y retourner. Finalement, je suis resté presque deux ans chez eux. C’est là que j’ai développé mon goût pour les aliments simples, mais de qualité.
Aujourd’hui, j’ai un cep de vigne à mon nom à Denens, en Suisse, ce village qui a un festival d’épouvantails. Et chaque année, les gens qui s’en occupent m’envoient une bouteille du vin qu’ils en ont tiré. Ce qui me touche beaucoup…

- Au début des années 1970, vous avez créé une association: « Les Grands-Mères au pair ». De quoi s’agissait-il?
J’ai toujours aimé les gens, et j’avais envie d’accomplir une belle action. Le but de cette association était de placer des personnes âgées dans des familles pour les vacances, de leur permettre de changer d’air, de voir du pays. Plus de 5000 personnes ont pu en profiter. J’étais soutenu financièrement par le Ministère des Affaires Sociales. Puis nous avons changé de ministre, et le budget n’a pas été renouvelé.

- Fin de l’expérience?
Ce sont pas des gens riches qui accueillaient les grands-mamans. Il fallait bien payer les billets pour leur permettre de voyager… Pendant quelque temps, j’ai financé l’association de mes propres deniers, puis j’ai fait faillite et j’ai dû arrêter. Mais ça a été une très belle expérience.

- Le goût des autres, en revanche, ne vous a pas quitté…
C’est vrai. Je ne vis pas à la campagne par hasard. Je rencontre des gens sur les marchés. Ce n’est pas signer des autographes qui m’amuse. En général, j’apprends toujours quelque chose, je découvre beaucoup avec les personnes que je rencontre. Elles me parlent de sujets que je ne connaissais pas et cela me plaît beaucoup.

- Dans votre émission de radio « Ca se bouffe pas, ça se mange », vous avez pris souvent position. Parfois même sur des sujets où vous n’étiez pas attendu. Je pense notamment à la nourriture dans les prisons.
Oui. En 2007, nous avons reçu une lettre d’un auditeur qui purgeait une peine de prison, et qui a attiré notre attention sur l’alimentation en milieu carcéral. Je me suis rendu sur place et j’ai consacré une émission au sujet. Pour améliorer leur ordinaire, les détenus peuvent « cantiner », c’est-à-dire acheter de la nourriture. Mais on leur propose tellement de sucreries que beaucoup d’entre eux, y compris chez les femmes, sont obèses. Cela méritait d’en parler.

- Vous menez plusieurs combats depuis des années, notamment sur les conséquences de l’agriculture intensive, les prix trop élevés de l’industrie alimentaire, et de nombreux autres sujets d’utilité publique. Avez-vous le sentiment que les choses évoluent dans le bon sens?
Si je vous dis non, je vais paraître trop modeste. Mais dire oui serait prétentieux. Ce qui me dérange, c’est le fait que je sois très seul à mener ce combat. Je serais en Suisse, je serais acoquiné à un journal de consommateurs car ils ont le mérite d’être indépendants. Les Suisses ont une conscience citoyenne, civique, de l’importance de l’alimentation. En France, j’ai l’impression que cela ne préoccupe pas grand monde. La vache folle a révélé que l’on peut mourir en mangeant. Il y a encore tellement à faire…
Le Projet Nutrition Santé (PNS) s’attarde sur le fait que environ 22% de la population française est obèse, ce qui va poser un véritable problème économique. Qu’il faut prendre en mains sérieusement.

www. jeanpierrecoffe.com

NB: Il faut remettre cet article dans son contexte. Si Jean-Pierre Coffe y parle autant de la Suisse, c’est parce que ce texte était destiné à un journal helvétique.

( 22 novembre, 2009 )

Jean-Claude Dreyfus: Un Saltimbanque raffiné

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Nous le connaissons tous, au moins de nom ou de visage. Il fait partie de ces acteurs qui « marquent ». Qui peuvent même impressionner tant leurs prestations ont pu nous faire frissonner. Ce fut son cas, notamment dans le rôle du boucher du film « Delicatessen », ou dans la pièce « L’hygiène de l’assassin », d’Amélie Nothomb.
Dans la réalité, Jean-Claude Dreyfus est un homme délicieux. Taillé en armoire à glace, il joue de son physique, de sa voix, de son regard et semble perpétuellement s’amuser.
Dans son pied-à-terre parisien, il fait preuve d’une gentillesse et d’une… délicatesse infinies. Mieux encore: cet étonnant personnage au sourire moqueur et au regard énigmatique fait partie de ceux qui se donnent la peine de vous rappeler après la sortie d’un article, pour vous remercier. Ecrivant un petit mot ensuite pour vous envoyer ses voeux de bonne année… « amitieusement », comme il le dit si bien!
Ciel, un merveilleux OVNI!

- Le public vous connaît comme acteur, mais vous ne vous contentez pas de cette unique activité… Vous êtes en fait quelqu’un de très atypique.
C’est vrai, on peut dire cela. J’ai commencé comme illusionniste. Mon père avait une revue « Art et Sana », pour les personnes tuberculeuses. J’ai commencé là.
Puis je me suis produit au cabaret de la Grande Eugène pendant sept ans. J’ai fait l’Ecole du Spectacle, puis du théâtre, en Provence. Nous donnions même la parade dans les petits villages! En fait, j’ai tout fait de A à Z!

- Aujourd’hui, vous êtes acteur, mais vous chantez également.
Oui. J’ai beaucoup travaillé avec Armande Altaï, que le public a redécouverte grâce à la Staracademy. Mon ancien tour de chant s’appelait « De porc en port ». Un petit clin d’oeil à l’amour que je porte aux cochons. Le suivant s’intitulait: « Jean-Claude Dreyfus chante, en toute sobriété ». Mon dada, c’est la diversité. J’aime tourner, chanter, écrire, jouer au théâtre. J’aime bien la liberté…

- Une liberté qui vous a, jusqu’ici, découragé d’appartenir à une compagnie théâtrale. Vous avez même été jusqu’à refuser une place à la Comédie Française?
Parce que, là encore, j’aime pouvoir changer de théâtre, travailler avec d’autres personnes, garder ma liberté de choix. Mais, notez, il n’est pas exclu que j’accepte leur proposition à l’avenir. Simplement, pour le moment, je ne suis pas prêt.

- Vous êtes un homme abordable, généreux de votre temps. Quel regard portez-vous sur votre métier?
D’un côté, je pense que les acteurs sont tous un peu exhibitionnistes. L’exhibitionnisme des sentiments, de soi-même, le plaisir de ne pas être dans la vie de tout le monde. C’est un des côtés fascinants de cette profession. Je peux, au gré des rôles, être avocat, boucher… Je vis des bribes de vie par procuration…
D’un autre côté, on est au théâtre pour offrir des histoires qui vont vous faire rêver, qui vous apporteront des émotions.
Je joue pour le public. Mais pas n’importe comment. On ne doit pas lui proposer ce que nous pensons qu’il peut avoir besoin. Ce serait une énorme erreur.
Certaines chaînes de télévision vont au-devant d’un audimat. Le théâtre pas. Il propose un amalgame de plusieurs éléments: un auteur, des partenaires de scène, un texte…
Et les spectateurs choisissent de venir ou pas. J’aime les gens. Ils me servent dans tout ce que je fais. Leurs réactions doivent juste être un peu canalisées lorsque certains dépassent les limites.

- Comment ressentez-vous la critique?
Mal! Plus qu’être douloureux, c’est horriblement ennuyeux, car cela nous empêche d’avoir un très bon dossier de presse et, donc, de pouvoir assurer une bonne tournée avec une pièce si celle-ci a été éreintée par la critique.

- Vous avez beaucoup écrit sur le cochon, animal que vous aimez. Vous possédez d’ailleurs une collection sur ce thème de 4000 pièces.
Oui, au départ, mes amis m’en offraient en faisant référence à mon soi-disant caractère de cochon. Depuis, je me suis assagi, mais je me suis attaché à cet animal amitieux et sensible. Sa forme me touche. J’aimerais écrire un roman autour du cochon. J’en ai déjà quelques pages. Mais mon véritable plaisir serait d’écrire une autobiographique qui ne parlerait pas de moi…

(photo: Eric Bernier)

( 22 novembre, 2009 )

Alain Baraton: Le Jardinier de Versailles

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Depuis plus de trente ans, Alain Baraton travaille dans l’ombre royale du château de Versailles. D’apprenti qu’il était en 1976, à son arrivée, il est aujourd’hui jardinier en chef et, sans doute, le plus connu des « doigts verts » français.

Il est heureux de le faire remarquer lorsque l’on pénètre dans son bureau: Alain Baraton vit dans la maison qu’occupait Molière lorsqu’il venait à Versailles, près du Grand Trianon et de ses marbres roses. Une maison nichée au milieu du parc qu’il connaît comme sa poche et où, chaque jour, l’actuel maître des lieux se balade avec Pym, son berger allemand.
On a beau être responsable du jardin le plus prestigieux de France, avec une centaine de personnes sous ses ordres, on n’en reste pas moins jardinier. Une profession qu’Alain Baraton défend avec fougue: « Le jardinier est considéré, avec un certain dédain, comme le paysan de la ville. Ce sont ceux que l’on n’invite pas dans les salons. Nous ne devons pas accepter cela. Cet état de « valet », nous le devons à Le Nôtre, concepteur des jardins du château, sous Louis XIV. Je le soupçonne d’avoir été servile. Il était urbaniste des parcs du roi, il aménageait l’espace, il avait du talent, du génie, même, mais il n’était pas vraiment jardinier! »
Alain Baraton est sans doute l’un des jardiniers les plus connus de France. Son titre, pompeux de « jardinier en chef du Domaine National de Trianon et du Grand Parc de Versailles », ne lui monte pas à la tête: « Vous savez, tailler un rosier ici ou dans les parcs de Genève se fait exactement de la même façon! ». Aujourd’hui rendu populaire par ses livres et l’émission de radio très écoutée dans laquelle ce pourfendeur de la langue de bois intervient le week-end sur France Inter, il n’avait pourtant pas de vocation à la base, lui non plus.

« Je suis né à Versailles… »
Lorsqu’il était enfant, dans sa famille, il était surnommé « La Bouse ». Une manière maladroite, pour ses parents, de s’adresser au cinquième de leurs sept enfants. « Mes frères et sœurs suivaient tous des études intellectuelles. Moi, je n’avais pas de don particulier. Finalement, je suis devenu jardinier. Je suis véritablement né à Versailles, en 1976, lorsque j’ai commencé à y travailler. Je posais beaucoup de questions. Jusqu’alors, les professionnels travaillaient d’une certaine manière, parce que leurs prédécesseurs le faisaient ainsi avant eux. De mon côté, j’avais besoin de comprendre. »
Au fil du temps, l’apprenti a gravi les échelons, jusqu’à devenir aujourd’hui responsable de la présentation, de l’entretien, de l’amélioration et de la conservation de ce haut lieu historique et touristique. La tâche est vaste. Et a connu quelques moments dramatiques.

Noël catastrophe
Le 26 décembre 1999, la tempête qui ravage l’Europe occidentale n’épargne pas le domaine royal. 18’500 arbres sont arrachés par le vent, 40’000 autres seront abattus par la suite. Un champ de bataille pathétique où, parmi les victimes végétales, figurent des sujets dont l’importance historique était indéniable. Comme l’immense tulipier de Virginie, provenant des anciennes pépinières royales. Sa taille de 30 mètres et sa circonférence de plus de trois mètres ne l’ont pas protégé: il n’a pas survécu. Ce spectacle de désolation émeut les foules, relayé par Alain Baraton qui, cette fois, sort de sa réserve pour faire appel aux médias. La survie du parc en dépend.
Huit ans plus tard, 300’000 arbres ont été replantés à Versailles. Le parc ne ressemble plus à ce qu’il était avant la tempête, mais le Roi Soleil serait content… « Les lieux ressemblent davantage à ce que le roi lui-même a connu à l’époque. Nous avons tenu compte de l’expérience de cette catastrophe naturelle pour replanter différemment. Avant la tempête, il y avait beaucoup d’ormes, dont une grande partie avait été décimée par des maladies. Aujourd’hui, nous avons multiplié les essences, pour mieux résister aux maladies. L’arbre le plus fréquent du parc est le marronnier. Ils ont été introduits au 17e siecle en Europe, et Versailles a été l’un des premiers lieux à en planter. Ils vieillissent mal, cassent facilement, mais ils apportent une atmosphère d’authenticité historique au parc. Nous avons également beaucoup de tilleuls, de hêtres. Je ne supporte pas la perfection. C’est pourquoi, au milieu des alignements de hêtres de même couleur, j’ai systématiquement planté un hêtre pourpre. Pour casser cette perfection… la signature du jardinier! J’apprécie tout particulièrement les lieux en automne. Les couleurs, l’ambiance sont magnifiques… »

Conseils à travers le monde
Alain Baraton ne se contente pas de veiller sur Versailles. Ecrivain, photographe, il a déjà publié huit livres. Disponible, lorsque quelqu’un lui demande de se déplacer, y compris à l’étranger, pour obtenir son avis sur un arbre vieux et beau, il se rend sur place, ne se faisant rembourser que ses frais de voyage. Ainsi, il est souvent en Suisse, dans la région de Genève,où il rend visite à des propriétaires en quête de bons conseils. Il distille aussi son expérience et son savoir en Chine où, sur un domaine de 300 hectares, un particulier a décidé de faire construire la réplique du château de Maison-Lafitte, entouré de jardins à la française.

« Mon jardin à moi? »

Mais, au fait, lorsque l’on est responsable d’un parc de 840 hectares, a-t-on encore envie d’avoir son propre jardin? « Oui! J’en ai deux. Ici, au sein du domaine, j’ai 1000 m2, entouré de murs très élevés, tapissés d’arbres fruitiers. Au début, c’était un jardin potager et d’agrément. À présent, c’est une grande pelouse. J’adore y lire ou y dormir. J’ai sans doute le jardin le moins bien entretenu du département, alors qu’il pourrait être, si je le voulais, le plus beau de France! J’en ai un autre, dans ma maison, sur l’île d’Oléron. À Versailles, j’aime les parcelles sur lesquelles nous avons mis des moutons, tondeuses à gazon écologiques. Je voudrais aussi réintroduire le cheval, ne fut-ce que pour le vidage des poubelles, qui deviendrait ainsi un spectacle en lui-même. Rendre le parc encore plus vivant. Ce n’est pas encore accepté, mais je ne désespère pas! »

Martine Bernier

+ D’INFOS

- « Le Jardinier de Versailles », Alain Baraton, Grasset
- « Le jardin de Versailles vu par Alain Baraton » (200 photos de A. Baraton), Ed. Hugo Image.
- Émission « Le Plantiste », samedi et dimanche de 7h45 à 8h00, France Inter.

( 22 novembre, 2009 )

Bruno Masure: « Je vis chez mes chats, pas l’inverse! »

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Journaliste vedette présentateur du journal de 20 heures sur les chaînes françaises dans les années 80, Bruno Masure voue un amour inconditionnel aux chats. Il vient de leur consacrer un livre et continue à partager sa vie avec trois « purs gouttières ». Visite à Bercy (Paris), dans le pavillon où il habite « chez ses chats ».

Dans le pavillon parisien de Bercy où vit Bruno Masure, les chats sont rois. Inutile d’espérer les voir hanter le canapé en cas de visite. Bien dissimulés à l’abri des regards indiscrets, « Loana », « Teigne » et « Pot-de-colle » n’honorent le propriétaire des lieux de leur présence que s’ils l’ont eux-mêmes décidé.
Dans la vie du journaliste, ces félins jouent un rôle particulier. « Tous ceux qui ont fait partie de ma vie sont des chats de gouttière. Je n’aime pas les chats luxueux, de race. Ceux que j’ai eus sont tous des SDF! Je ne supporte pas l’idée de devoir payer des sommes folles pour acquérir un chat. » Pas d’accord de se ruiner pour l’achat d’un animal, mais, en revanche, le cœur sur la main dès qu’il s’agit de voler au secours de l’un d’entre eux. La grande majorité de ses protégés ont connu un début d’existence tourmenté. Hormis Loana, dont la seule particularité a été de naître « la fameuse nuit du jacuzzi de Loft Story », tous sont un jour arrivés devant sa porte en piteux état. Et tous ont eu droit à ses soins attentifs, aux visites chez le vétérinaire, et à des traitements qui, avoue leur hôte, lui coûtent une fortune.

Naufragés des jardins

Bruno Masure raconte sans se faire prier les parcours de vie de ses chats. À commencer par celui de Teigne, naufragé cabossé dont il décrit le regard bleu que les visiteurs ne verront pas. Méfiant, le matou préfère éviter le contact avec les inconnus. « Il est un jour arrivé dans mon jardin, alors qu’il avait deux ou trois mois. Il était quasi aveugle et avait une sérieuse maladie de peau, qu’il a toujours, d’ailleurs. Il avait un aspect tellement repoussant que personne n’en aurait voulu. Donc, je l’ai gardé. Il est toujours aussi abîmé, mais c’est un chat formidable. Pot-de-Colle, lui, est arrivé en plein mois de novembre. Il faisait très froid. J’ai eu beau faire, il est resté devant chez moi jusqu’à ce que j’accepte de le garder. Il m’a choisi. Il avait été castré, ce qui indiquait qu’il avait dû avoir une vie antérieure. Il ressemble un peu à un chat norvégien… C’est le seul des trois à être très câlin, mais lorsque je veux le caresser sur la tête, il se protège. C’est peut-être un raccourci hâtif, mais j’ai tendance à penser qu’il a dû vivre des événements difficiles. Quant à Loana, je vis chez elle. Elle aime dormir sur mon lit. Si j’ai le malheur de fermer la porte de la chambre, elle a dans le regard un air de reproche indigné très explicite… »

« Les chats me ressemblent »

Pas sectaire pour un sou, le journaliste avoue aimer également les chiens, même s’il trouve plus contraignant de s’en occuper. « Ils ont un caractère qui correspond moins au mien. Les chats, eux, sont d’une liberté et d’une indépendance absolue. Je suis comme eux. J’aime faire ce qui me plaît quand cela me plaît. Ils ne se forcent pas, ne font jamais semblant. S’ils viennent se blottir sur vos genoux, c’est qu’ils ont choisi de le faire. » Dans son livre, Bruno Masure explique que ses compagnons dorment environ 14 heures par jour. Lui à peine un peu moins, ce qui ne l’empêche pas de partager leur goût pour le calme et la tranquillité. Celui qui présentait le Journal de 20 Heures en charentaises par souci de confort et qui terminait ses passages à l’antenne par un dicton humoristique, a traversé des moments troublés dans sa vie professionnelle, lorsqu’il a quitté la télévision. Là encore, ses animaux ont joué un rôle primordial. « Pour supporter le stress de la télévision, j’avais mes chats et mon jardin. Rien ne me détend davantage que d’arroser le jardin ou de caresser un chat. Ces animaux ont un pouvoir déstressant qui a été maintes fois prouvé. Je les trouve toujours élégants, gracieux. J’ai deux amours: la politique et les chats. Je travaille en ce moment sur un livre parlant des relations entre les hommes politiques et les journalistes. Ecrire parallèlement l’ouvrage sur les chats me lavait la tête.  »

Bercy, paradis perdu

Lorsque le journaliste est arrivé à Bercy, voici vingt ans, le quartier était un véritable Eden pour les chats errants. Avant que les anciens entrepôts de vin n’y soient remplacés par des immeubles, le lieu, explique-t-il, était privilégié. « Des dizaines de chats y vivaient, nourris par les veilles dames. C’était l’endroit le plus poétique de Paris, un paradis pour les chats et pour les photographes. Aujourd’hui, un très joli parc y a été installé, mais les chats ont disparu. »
Reste aux chats du quartier le privilège de profiter des jardins des pavillons, formant un triangle hermétique aux dangers de la rue. Une vie de rêve…

Martine Bernier

SOUS LA LORGNETTE DE MASURE

Un livre sur nos félins d’appartement, Bruno Masure a beau les adorer, il n’aurait jamais pensé l’écrire jusqu’à ce que son éditeur lui en fasse la demande. L’ex journaliste vedette présentateur du journal de 20 heures pendant 13 ans a donc repris sa plume insolente et drôle pour signer « Les Chats vus par Bruno Masure ». Soixante mots servent de fil rouge à l’ouvrage truffé de photos et d’informations on ne peut plus sérieuses. Mais comme on ne se refait pas, l’auteur a retrouvé toute sa verve pour parler de ses compagnons, signant un livre insolite.

En savoir plus:

Livre: « Les Chats  » vus par Bruno Masure. Collection Phare’s. Editions Hugo image.

( 22 novembre, 2009 )

Derib: En osmose avec la nature et les chevaux

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Derib est le dessinateur de Yakari, de Buddy Longway, de Red Road et de nombreux autres personnages de bandes dessinées apprécié autant des enfants que des adultes. Dans sa maison de la Tour-de-Peilz (Suisse), il vit au plus près de ses convictions et de la nature qui est, pour lui, une source d’inspiration constante.

« Mon premier dessin, lorsque j’avais 5 ans, représentait un cavalier. Je suis allé le montrer à mon père qui m’a demandé ce que c’était. Cela m’a horriblement vexé! »
Les chevaux, Derib les aime depuis sa plus tendre enfance. Le papa de Yakari, de Buddy Longway et de Red Road, était un garçonnet lorsqu’il a commencé à les dessiner en les observant alors qu’ils étaient au pré. Il les attirait avec des poignées de dents de lion « non polluées », précise-t-il.
Plus tard, vers l’âge de 18 ans, il a accepté de décorer le manège de Villars, dans les Alpes vaudoises, contre des cours d’équitation. Quelques mois à peine après avoir appris à se tenir plus ou moins en selle, il était chargé d’apprendre à monter à de nouveaux élèves. Une expérience audacieuse pour laquelle il était rémunéré 50 centimes par élève.
Les animaux, Claude de Ribaupierre les aime tous. Parmi eux, le bison l’a marqué profondément. « Je devais avoir six ou sept ans quand j’ai reçu, pour Noël, l’un des plus cadeaux de mon enfance, se souvient-il. Il s’agissait d’un bison en terre cuite. Je l’ai toujours. Pour moi, c’est un animal mythique, Il a une stature très particulière. Et c’est lui qui a fait vivre les indiens. »
A travers Yakari, petit personnage qui apprend aux enfants le respect de la nature qui les entoure, il a donné vie à des animaux aussi variés que l’aigle, le castor ou le loup. Avec ce dernier, il a partagé une expérience unique. De passage au Gévaudan, il a eu l’occasion de visiter la réserve de loups. « J’ai pu rentrer dans le parc et dessiner les loups qui se trouvaient tout près de moi, raconte-t-il. Le regard de cet animal est poignant. Il dégage une grande tristesse, de la détresse et de la nostalgie. On dirait qu’il vient du plus profond des âges… »
Parmi les animaux domestiques, Derib voue une affection profonde au chat qu’il considère comme l’animal le plus adapté à la civilisation, tout en ayant conservé sa liberté. La famille de Ribaupierre connaît bien les chats. Elle en possède trois, et vient de perdre, en décembre, le quatrième p âgé de tous, à vingt ans.
Mais c’est bien le cheval qui a marqué et marque toujours la vie de Derib. Dans ses deux albums, ils sont omniprésents.
Une fois qu’il a appris à monter, Derib a chevauché durant plus de trente ans. Il a également adopté quelques chevaux, mais à chaque fois dans le but de les sauver de la boucherie. Comme le premier pur-sang qu’il a acquis, Darky. « Il avait eu les tendons antérieurs claqués, ce qui le condamnait à une mort certaine. Nous l’avons acheté et soigné. Il a guéri, et a même participé à d’autres courses, en amateur, qu’il a gagnées! »
Au fil du temps, le cavalier a fait plusieurs chutes violentes. Depuis une douzaine d’années, il n’éprouve plus le besoin de monter, mais voit toujours des chevaux chaque jour. Chez eux, il aime leur générosité. « Sans chevaux, notre civilisation n’existerait pas, rappelle-t-il. Ils ont été très mal utilisés et sacrifiés pendant les différentes guerres. Mais ils nous ont permis de conquérir le monde. Je trouve que nous ne les respectons pas assez. Nous n’avons pas une relation proportionnelle à ce qu’ils nous ont donné. Nos chevaux, surtout en compétition, sont exploités. Ils mériteraient mieux aujourd’hui. De plus, à mes yeux, esthétiquement, c’est un des plus beaux animaux. »
L’amour de Derib pour la nature ne se limite pas aux chevaux ou aux animaux. Même s’il est ému de voir un oiseau ou un chat se livrer à « leur petit boulot d’oiseau ou de chat, malgré les orages, malgré tout ce qui peut venir entraver leur quotidien. Ce sont de grands exemples ».

La montagne fait également partie de ses lieux de prédilection. De l’âge de trois mois à quatre ans, il a vécu chaque été au-dessus de 2000 mètres. « J’ai des souvenirs de rochers et d’herbes desséchées, explique-t-il. Je me sens très bien au Glacier de Ferpècle. J’ai eu la Dent Blanche devant les yeux pendant quatre ans. C’est un peu ma montagne. Même si j’aime le lac et le Gramont, je suis moins touché par l’environnement d’un jardin que par celui de la montagne. Là-haut, un endroit a été baptisé le Petit Paradis. Lorsque mon père était encore en vie, nous y allions au moins trois mois par an, en famille. A présent, nous y retournons régulièrement, mais pour une journée seulement. »

A travers le dessin, Derib entraîne les lecteurs à travers des aventures toujours imprégnées de nature sauvage ou complice.
Et il le reconnaît volontiers: son métier est révélateur de la personne qu’il est vraiment…

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( 22 novembre, 2009 )

Léonard Gianadda et son merveilleux Jardin des Arts

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Il existe des hommes que l’on admire plus que d’autres. Dans mon panthéon à moi, il y a Léonard Gianadda. C’est grâce à lui que le Valais et la ville de Martigny (CH) en particulier disposent d’une rayonnance culturelle particulière. Depuis qu’il a ouvert la Fondation Gianadda, les expositions des peintres les plus prestigieux s’y sont succédées. Où que l’on aille dans le monde, les proches de l’Art connaissent la Fondation et saluent unanimement sa valeur. Il a fallu un courage et une ténacité prodigieux à Léonard Gianadda pour arriver à ce résultat. Il en a la dimension: sa forte personnalité lumineuse et explosive, et la passion qui l’anime sont deux de ses atouts majeurs.
Le parc qui entoure les lieux possède forces. Ses arbres, ses sculptures et la passion protectrice de l’homme qui l’a conçu. Visite au cœur d’un univers hors du temps.

« Ce jardin, c’est ma danseuse, mon dada! »
Léonard Gianadda, prestigieux créateur de la Fondation Pierre Gianadda, à Martigny n’aime pas donner d’interviews, disait-il lorsque je l’ai rencontré. Sauf pour parler du jardin de sculptures qui entoure le musée. Au milieu de ses arbres et de ses œuvres d’art, il est heureux. Tout simplement.

Pour les fidèles des lieux, la visite du parc est un rituel immuable. Après avoir découvert, à l’intérieur de la Fondation, les œuvres accrochées lors des expositions temporaires, ils terminent la visite par une promenade dans le parc, où des sculptures de Rodin, César, Segal, Dubuffet et bien d’autres se partagent la vedette avec les arbres du jardin.
Celui-ci est né en 1982, du désir de son propriétaire. « La plupart des musées suisse se trouvent au cœur des villes, et ne disposent pas de parc, observe Léonard Gianadda. Comme la Fondation ne possède pas de collections de peinture permanente, j’ai pensé que je pouvais apporter un atout supplémentaire en créant ce jardin de sculptures. »
Chose dite, chose faite. N’étant pas homme à confier à d’autres le soin de réaliser ses projets, il en dessine les plans, fait tracer à la chaux les limites des parterres, des chemins et des plans d’eau. Puis il grimpe sur la route du col des Planches surplombant les lieux et fait corriger, par téléphone, les traits indiqués, afin d’en peaufiner l’harmonie. Il fait amener de la terre pour modeler le terrain comme il le souhaite. Ses efforts aboutissent à la création d’un univers épousant parfaitement le relief de la région. Et dégageant une sensation de douceur et de bien-être à laquelle aucun visiteur n’est insensible.

Mariage entre art et nature
Pour le maître des lieux, le défi est simple. Il est impossible de monter une exposition avec dix tableaux. Mais il peut concevoir un parc séduisant avec le même nombre de sculptures.
Dès que sa décision est prise, il arrête d’acheter des toiles pour sa collection personnelle, leur préférant la sculpture dont il souhaite faire profiter le plus grand nombre. Ce qui lui permet de reconnaître avec satisfaction que « notre parc est aujourd’hui représentatif de la sculpture mondiale du 20 XXe. Il acquiert des œuvres de sculpteurs du monde entier. Et je prétends qu’il est le plus beau de Suisse tout en figurant parmi les principaux d’Europe. » Léonard Gianadda ne s’encombre pas de fausse modestie. Il aurait d’ailleurs tort de le faire. Le parc est réellement un endroit particulier, serein et porteur d’émotions dues au mariage des arbres et des œuvres exposées.

Les 7000 m2, construction comprise, dont il disposait au départ, ont augmenté au fil des années. Aujourd’hui, est quatre fois plus importante, et comprend le parking. Tout n’a pourtant pas été facile. Léonard Gianadda reconnaît que « les arbres mettent trois ou quatre ans à ne pas crever! Puis ils réfléchissent encore quelques années pour savoir s’ils vont pousser. C’est très long. Ils hésitent… »

Poésie sous un saule
Découvrir ou redécouvrir le parc au côté de son créateur est un régal. Du verger de départ qui habitait ici autrefois, il ne reste deux poiriers, trois cerisiers et une douzaine d’abricotiers. Les autres arbres, trop anciens, ont péri de leur belle mort. Mais les abricotiers restants donnent des fruits au goût de miel, gorgés de soleil. En passant, le maître des lieux secoue un arbre, en fait tomber des abricots qu’il fait goûter et déguste lui-même avec un visible contentement. Plus loin, il montre le saule pleureur qui caresse le « Sein » de César, offrant un tableau vivant, troublant de poésie. Cèdres, magnolias, épicéas, érable du Japon, pin parasol, figuiers, tilleuls… les arbres sont ici tellement beaux que l’on ne sait plus qui des œuvres ou des végétaux servent d’écrin aux autres.
Trois points d’eau apportent une note de fraîcheur très appréciée des visiteurs comme des canards. Même si le renard et la fouine les guettent d’un œil gourmand. Les colverts, mandarins et autres plongeurs restent fidèles à ce havre de paix sur lequel veille la blanche « Femme avec des lunettes de soleil, sur un banc public » de George Segal. Les sculptures sont fondues dans le paysage, rendant parfaitement naturelle la présence des « Moutons transhumants » de François Lalanne ou des « Baigneurs » de Niki de Saint-Phalle.
Dans cet endroit magique, l’Art fusionne avec la nature, apportant une vague de bien-être à ceux qui en profitent. Et ils sont nombreux. Tous les soirs durant l’été, le parc est ouvert gratuitement par beau temps. Car le mécène a beau avoir la réputation de posséder un caractère bouillonnant, c’est aussi et surtout un homme généreux, qui aime faire partager ses passions. Son humour et son indépendance d’esprit se révèlent d’ailleurs à travers des détails insolites. Ici, les pancartes indiquent qu’il est permis de marcher sur les pelouses. Contrairement à partout ailleurs.

Martine Bernier

( 22 novembre, 2009 )

Michel Klein: « Le combat de l’avocat des bêtes »

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Michel Klein est l’un des vétérinaires les plus connus et les plus médiatisés au monde. Aujourd’hui à la retraite, il continue à défendre la cause animale, comme il nous l’a expliqué chez lui, dans son domicile parisien.

À travers le monde, le docteur Michel Klein est connu pour être un vétérinaire précurseur, ayant fait évoluer sa profession. Notamment en matière d’anesthésie et de techniques chirurgicales sur les animaux des zoos, mais aussi sur le plan de la connaissance du comportement animal. Dès les années 1950, il a collaboré avec la télévision française, présentant dans ses émissions des animaux dits sauvages, lors de directs parfois mouvementés, spécialement dans le fameux « Club Dorothée », sur TF1. Lui qui est l’un des créateurs du parc de Thoiry, la première réserve africaine du monde, a fréquenté les zoos et les cirques les plus connus et les personnalités les plus célèbres.
Dans son appartement parisien, c’est un homme souriant et chaleureux qui nous reçoit, en compagnie de sa chienne, Isis. Toujours très concerné par la cause animale, celui qui a sorti récemment le livre « L’avocat des bêtes », est généreux de ses souvenirs…
« Chez moi, j’ai toujours eu des chiens et des chats. Actuellement, le règne du chien est ralenti. En France, le nombre de chats dépasse celui des chiens. Non pas à cause de la polémique sur les chiens dangereux, mais simplement en raison de leurs conditions de vie, qui représentent une contrainte. Il faut les sortir, s’en occuper, et cela ne correspond pas à ce que la plupart des personnes peuvent ou veulent assumer. C’est ressenti comme une corvée. De plus, contrairement à la Suisse où vous êtes bien organisés sur ce plan, il n’existe pas, à Paris, de distributeurs de sachets pour ramasser les excréments de chiens. La ville est donc souillée, ce qui est mal perçu par rapport à la présence du chien. Quant aux chats, ils sont en phases avec la vie moderne, ils ne la compliquent pas, ne la surchargent pas, ils peuvent rester seuls. »

Les NAC ne remplacent pas les chiens

Selon le docteur Klein, l’animal familier a conquis un espace au sein des familles, même monoparentales. Les enfants qui sont en déficit de tendresse réclament instinctivement un animal. Leur présence calme et apaise les anxiétés. Le rapport de l’homme aux animaux a énormément changé depuis qu’il a commencé à exercer sa profession, à la fin des années 1940. En revenant sur ses premières années de pratique, il se souvient qu’à l’époque, il était assez rare d’avoir un animal de compagnie. Les chiens et les chats étaient alors tenus pour quantité négligeable. Seules les personnes âgées et les chasseurs en possédaient.
L’un des grands changements enregistrés au cours de ces dernières années aura été l’arrivée des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) dans les foyers. Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, ce spécialiste des fauves, des ours et des animaux sauvages n’est pas choqué par le phénomène. Il observe d’un œil bienveillant le fait que nous soyons attirés par toutes sortes d’animaux. Pour lui, c’est le contact avec les animaux qui est important. « Pour ma part, je n’utilise pas le mot « sauvages » à leur propos. Je dis simplement que ces animaux ne devraient pas dépendre de l’homme. Les animaux sont bien moins sauvages que les hommes, Il n’y a pas d’assassins parmi eux. Toutes les Bêtes en captivité, ainsi que les NAC sont les ambassadeurs de leur espèce auprès de nous. Les chiens nous ont aidés à vivre et à survivre depuis les temps les plus anciens. Les Nacs , de même que tous les animaux de compagnie nous aident en tant que thérapie sur le plan psychoaffectif!  »

Toujours en combat

Aujourd’hui, le docteur Klein participe toujours à une émission de radio locale, et reste actif dans le monde animal. Il n’a rien perdu de son amour des animaux, de cette communication étonnante qu’il semble partager avec eux, ni de sa fougue lorsqu’il s’agit de leur venir en aide. Notamment à propos d’une cause qu’il a toujours défendue: « Se débarrasser de son chien ou le faire piquer avant de partir en vacances est une chose inadmissible et abominable que je ne peux accepter. Je ne supporte ni la cruauté, ni l’indifférence envers les bêtes. Donc, je réagis. »

CRI D’ALARME

Depuis plus de trente ans, le docteur Klein attire l’attention sur un phénomène inquiétant: l’homme prend toute la place sur la planète, au détriment des espèces animales. Or, affirme-t-il, si les animaux disparaissent, cela signera la mort de l’Homme. « Nous savons que si, sur un territoire déterminé, une espèce prolifère, les autres sont obligées de céder la place. Mais celle qui se retrouve seule finit par disparaître. Nous nous sommes accaparés la planète, et la disparition des nombreuses espèces animales alors que l’espèce dite humaine prolifère d’une façon exponentielle, nous fait courir droit dans le mur. Je pose ce diagnostic clinique mais, malheureusement, il n’est pas facile de proposer de solution thérapeutique… »
Pour lui, la question est très simple: comment trouver un équilibre biologique dans l’écosystème planétaire, où chacun puisse trouver une place vitale acceptable?

Martine Bernier

En savoir plus:

- « L’avocat des bêtes », Docteur Michel Klein, Editions Anne Carrière, collection Document.

( 22 novembre, 2009 )

Jean-Pierre Coffe: « C’est en Suisse que j’ai formé mon goût »

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Ardent pourfendeur de la « malbouffe », Jean-Pierre Coffe se bat depuis toujours afin de rendre leurs lettres de noblesse aux bons produits du terroir. Rencontre, à Paris, avec un homme de cœur.

À la sortie des studios de RTL où il vient de terminer l’enregistrement de l’émission « Les Grosses Têtes », Jean-Pierre Coffe est là, ponctuel au rendez-vous fixé. Une élégance sans artifices, et des lunettes dotées d’énormes montures bleues, signent le personnage. C’est dans un petit restaurant chaleureux que ce chantre de la nourriture saine et néanmoins goûteuse confie: « Mes premiers souvenirs me viennent de Suisse. Je suis né à Lunéville, en 1938. Mon père a été tué à la guerre. Ma petite enfance a été très difficile. Après la guerre, la Croix-Rouge Suisse a invité des orphelins dans votre pays. J’y suis allé, dans la famille Fleury, à St-Ursanne. Là, je vivais dans une ferme, où il y avait tous les animaux que l’on trouve dans une vraie ferme: des vaches, des cochons, des chevaux, des poules, des lapins etc. Je m’y suis senti tellement bien que j’ai fait semblant d’être malade pour pouvoir revenir. J’ai passé presque deux ans chez eux. C’est là que mon goût pour les bonnes choses s’est formé. Aujourd’hui encore, je défends les bons vins suisses. Certains sont délicieux. En règle générale, je préfère le vin blanc. La Suisse a un rôle prépondérant dans l’évolution du vignoble savoyard. Il s’était un peu laissé aller et, lorsque les Suisses se sont mis à produire du bon vin, les Savoyards ont pris peur et se sont repris en main. »

Homme de cœur et de combats

Tout en parlant, l’homme jette un regard dans l’assiette de son voisin. Celui-ci a laissé de côté le gras de son jambon cru. Réaction immédiate et navrée: « Mais… vous avez laissé le meilleur! C’est de la bonne graisse… de la graisse animale! Tenez, goûtez cette tranche de saucisson… »
De Jean-Pierre Coffe, on connaît les combats contre l’agriculture intensive et la malbouffe, ses engagements pour l’enseignement du civisme et du goût à l’école, ou la réhabilitation des marchés et des petits commerces, son indignation face aux aberrations culinaires et autres de notre société. Le réduire à ses coups de gueule serait pourtant lui faire injure. Pudique, l’homme est un homme de cœur. Un vrai. Le public l’ignore souvent, mais c’est lui qui, à la fin des années 60, a créé l’association « Grands-mères au pair » destinée à placer des personnes âgées dans des familles pendant les vacances. Allant jusqu’à investir ses propres deniers dans l’aventure, pour prendre le relais du Ministère des affaires sociales. Sept mille personnes ont ainsi pu partir grâce à lui.
Le complice de Michel Drucker est ainsi: une personnalité forte et bouillante, mais une véritable tendresse et un respect des autres, un sens de l’écoute, une générosité discrète. Alerté par un prisonnier sur la mauvaise qualité de la nourriture dans les prisons, il s’est déplacé pour vérifier l’information sur place et consacrer une émission au sujet. L’écouter parler, avec son langage direct, de l’univers sordide de ces détenus dont l’espoir s’arrête aux murs de leur prison, est édifiant…

« Faites simple! »

Cet homme kaléidoscope est un écrivain prolifique. Il a écrit 37 livres, essentiellement consacrés à la cuisine et au jardin. Son dernier ouvrage « La véritable histoire des jardins de Versailles » montre de lui une passionnante facette d’érudition.
Entre deux ouvrages et deux émissions de radio ou de télévision, lorsqu’il se retrouve chez lui, en dehors de Paris, Jean-Pierre Coffe aime toujours s’occuper de son jardin. Il s’agit d’un potager d’un hectare qu’il a confié aux bons soins d’un jardinier, mais dont il assume la taille. Il cuisine également, des plats conviviaux, pour sa famille et ses amis. « J’adore les plats qui mijotent, comme la blanquette. Il faut conseiller aux maîtresses de maison de ne jamais servir un menu qu’elles n’ont pas eu l’occasion d’essayer auparavant. Il faut toujours proposer des plats avec lesquels on se sent parfaitement à l’aise, pour être sûr de les réussir. »

Martine Bernier

Et pour Noël, M. Coffe?

Cette année, à Noël, comme le voyage à Madagascar qu’il espérait entreprendre a dû être déplacé, Jean-Pierre Coffe recevra chez lui « les chiens perdus sans colliers ». « Je préparerai le plat le plus simple, de la blanquette de veau ou du bœuf bourguignon. Ils m’évitent de devoir passer mon temps en cuisine, je peux rester avec mes invités. Et, en dessert, je servirai, comme chaque année, une charlotte aux pommes. Des tranches fines de pommes, que vous disposez dans un moule à charlotte, bien tassées. Toutes les quatre ou cinq couches, vous mettez du caramel blond et de la cannelle. Vous remplissez jusqu’en haut. Puis vous la mettez à cuire 1h30 au bain marie et, ensuite, 1h30 au four avant de démouler. C’est un régal ».
À écouter ce fin gourmet détailler sa recette, on le croit sur parole…. À en avoir envie de faire partie, pour Noël, des chiens perdus sans collier.

DEGUSTATION IMPROVISEE

Impossible de rendre visite à Jean-Pierre Coffe en arrivant les mains vides. Dans les miennes: trois fromages typiquement suisses et deux vins, qu’il a dégustés dans une atmosphère de quasi recueillement, humant chaque produit avant de le goûter.
Son verdict:
- Vacherin fribourgeois: « C’est un fromage magnifique, très riche, très onctueux, avec un très beau gras. Il est parfumé, avec une réelle richesse aromatique, un goût herbacé très frais. »
- Etivaz: « Celui-ci est vraiment très bon! Le grain de sel commence à remonter. Il n’est pas salé, mais son goût est incroyablement riche. C’est là que l’on peut constater l’importance de la nourriture consommée par les vaches. Le fromage, comme le lait qui sont produits ensuite sont d’une qualité incomparable. »
- Gruyère mi-salé: (soupir d’aise…)  » Il a un petit goût d’étable très particulier… Délicieux… Sa texture est beaucoup plus fine. L’apparition du sel est plus marquée. »
- Dezaley Médinette 2006, Domaine Louis Bovard: « J’adore les vins blancs. Celui-ci a une belle concentration. Il se marie parfaitement avec le fromage. C’est un vin de convivialité. J’aime beaucoup… »

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