( 22 novembre, 2009 )

Julos Beaucarne: « Je suis un humain qui marche sur la route… »

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Ces derniers jours, je l’ai déjà dit, je me suis reconnectée à l’univers du chanteur et poète Belge Julos Beaucarne, grâce à un proche. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, il est bien davantage qu’un troubadour talentueux. C’est un être hors normes, hors modes, lumineux, chaleureux, malicieux, à la fois original et sage. L’enfermer dans un carcan de mots n’est pas une bonne idée. C’est un être libre… Un drame épouvantable survenu dans sa vie, en 1975, a révélé au monde la dimension humaniste de cet être si particulier. Sa compagne, Loulou, a été assassinée par un déséquilibré. Sa réaction a été admirable (voir en fin d’article). A la lecture de la lettre qu’il a écrite dans la nuit suivant la disparition de celle qu’il aimait, l’adolescente que j’étais alors a, bouleversée, pris une immense leçon d’humanité. Après avoir réécouté en boucle les chansons de lui que j’ai auprès de moi, et particulièrement « Le Petit Royaume » que j’aime profondément, j’ai décidé de lui écrire, à cet homme particulier que j’admire et que j’aime. Pour lui dire le plaisir que j’ai de le retrouver, lui qui a eu une place importante dans ma vie lorsque j’étais jeune fille, en Belgique. J’ai précisé quelle était ma profession et j’ai ajouté que je serais touchée de pouvoir l’interviewer un jour.Je pensais que cela resterait au stade du rêve…Mais quelques heures après, j’ai eu la douce surprise de recevoir un message en retour me remerciant et me laissant son numéro de téléphone pour que je puisse l’appeler.
Ce que j’ai fait cet après-midi. Nous avons passé ensemble un moment à la fois rempli d’émotion et de rires. Car l’homme a de l’humour! Et quel humour!

- Si vous deviez vous définir, pour les personnes qui n’ont pas eu encore l’occasion de vous découvrir, que diriez-vous?
Mais.. je me donne la mort si je me définis! Ce serait m’étouffer dans des étiquettes…

- Alors, à la place du mot « définir », peut-être préférez-vous « présenter »?
Je m’appelle Julos. Toute ressemblance avec des personnes ayant déjà existé serait fortuite. Je vis à Tourinnes-la-Grosse, en Brabant Wallon, en Belgique (et il me donne l’adresse précise ainsi que la latitude et la longitude du lieu, puis éclate de rire devant ma réaction en disant: « Je ne vous arrange pas avec mes réponses? » De l’autre côté du téléphone, je souris en écrivant à toute vitesse).
Je vis en compagnie d’environ 6 milliards de femmes et d’hommes. J’espère n’avoir oublié personne! Je suis un humain qui marche sur la route. Mon histoire consiste à aller au bout de ce que je suis…

- Quel regard posez-vous sur l’être humain, justement?
Nous sommes tous nés un jour d’une femme, et, tous, nous avons reçu une feuille de route. Nous avons chacun quelque chose d’extraordinaire à faire, mais la société veut nous le faire oublier. Tout le monde, chacun d’entre nous est important, mais on veut nous faire croire que « machin » est plus important que l’autre. Les fameux people, vous savez (prononcez à sa manière: « pople »). Oui, tout le monde est important… On pompe beaucoup d’énergie à s’occuper de choses qui nous détruisent et à s’éloigner de l’essentiel. Chaque fois que l’un d’entre nous fait quelque chose de bien, il enrichit l’Univers dans son entier.

- Un livre de vous va sortir très bientôt…
Oui, il s’appellera « Mon Petit Royaume » et il paraîtra le 9-09-09. Il contiendra tous les textes de mes propres chansons.

- Aujourd’hui, comment se passe votre vie?
Je chante beaucoup… Parfois dans de petites salles, parfois dans des grandes. Je vais là où on me demande.

- Etes-vous un homme heureux?
Heureux.. cela dépend des jours… Ce bouquin a été difficile à réaliser pour moi, car, au fil de mes chansons, je revoyais ma vie, les hauts et les bas de mon existence. Cela m’a fragilisé…

- Lors de la mort tragique de votre compagne, vous avez écrit un texte qui a marqué à jamais ceux qui l’ont lu. Où avez-vous trouvé les ressources, un tel amour pour les autres, une telle humanité, pour pouvoir écrire ces mots dans un moment aussi dur?
J’ai écrit cette lettre dans la nuit qui a suivi l’assassinat de Loulou, sans intention de la publier. J’écris pour moi, toujours, pour retrouver mon chemin, pour savoir dans quelle direction je veux recommencer à marcher… Le lendemain, un ami journaliste est venu me voir et m’a dit que l’on avait écrit que « Julos et Loulou n’étaient pas assez racistes ». C’est là que je me suis dit que j’allais répondre par cette lettre. Pour éviter d’engendrer encore davantage de racisme et de violence… Aujourd’hui, si j’arrive à interpréter les chansons que j’ai écrites à l’époque de la mort de Loulou, je craque encore comme si c’était hier lorsque j’en parle. Heureusement que l’homme est inconscient des dangers qui le guettent…

- Qu’aimeriez-vous que l’on retienne de vous?
(en aparté, je souris en lui demandant: puis-je oser vous demander de me donner une réponse que je pourrai utiliser… sans longitude ni latitude?
Un éclat de rire me répond:
- Non, non, ne vous inquiétez pas, je ne réponds jamais deux fois la même chose!
- Ouf!
- Pourquoi, vous n’avez pas aimé?
Cette fois, nous éclatons de rire ensemble…)

J’aimerais que les gens retiennent de moi la joie, le rire. Ce que je cherche à trouver, oui… c’est la joie… Ce qui nous rend malades physiquement, c’est le fait que nous ne sommes pas heureux…

- Et… vous êtes souvent malade?
Pas trop, non! Cela m’arrive de temps en temps, parfois assez gravement. Je me souviens de ma tournée en Pologne où j’ai eu une pneumonie. Ce n’était pas facile. Mais le public était tellement formidable…

Certaines interviews sont plus belles que d’autres. Celle-ci a été un cadeau.

 

Martine Bernier

Site de Julos Beaucarne: http://julosland.skynetblogs.be/
Le livre « Mon Petit Royaume » peut être commandé par l’intermédiaire de ce site.

Lettre Ouverte De Julos Beaucarne

Ma Loulou est partie pour le pays de l’envers du décor, un homme lui a donné neuf coups de poignard dans sa peau douce. C’est la société qui est malade, il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour et la persuasion. C’est l’histoire de mon petit amour à moi arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage ni vous ni moi. Je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et nos deux chéris qui lui ressemblent. Sans vous commander, je vous demande d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les coeurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir, il faut reboiser l’âme humaine. Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien aimée, il n’est de vrai que l’amitié et l’amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses ; on doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller au paradis. Ah comme j’aimerais qu’il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles… En attendant, à vous autres, mes amis d’ici-bas, face à ce qui m’arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu’un histrion, qu’un batteur de planches, qu’un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd’hui : je pense de toutes mes forces, qu’il faut s’aimer à tort et à travers. Julos Nuit du 2 au 3 février 1975

( 22 novembre, 2009 )

Philippe Turchet: La synergologie dans nos vies

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L’exercice de l’interview par téléphone peut être extrêmement risqué. Si le contact passe mal, toute la démarche peut en souffrir. C’est donc avec une légère appréhension que j’ai appelé Philippe Turchet, auteur du best-seller « La synergologie », pour notre rendez-vous téléphonique, ce mardi matin. Inquiétude infondée: malgré une communication rendue un peu délicate par l’utilisation de deux mobiles, ce fut passionnant. Récit d’une rencontre autour de l’étude du langage du corps, à l’occasion de la sortie du dernier ouvrage de Ph. Turchet: « Le langage universel du corps »

- Vous décryptez depuis vingt ans le langage du corps. Mais qu’est-ce qui vous a amené à étudier ce sujet?
Pour les besoins de mon doctorat en sciences humaines, en 1987, je travaillais sur une recherche concernant la rationalité du comportement. Pourquoi certains individus réussissaient-ils mieux que d’autres? Nous savions qu’il ne s’agissait pas forcément d’une simple question d’intelligence. J’ai été voir du côté de l’ethno psychanalyse, et j’ai trouvé un texte renversant sur la communication non verbale. Il parlait de la relation entre une mère et son enfant. D’un côté, elle l’appelait, mais de l’autre elle reculait en fermant les bras. Elle lui envoyait des messages contradictoires. Le sujet m’a passionné.

- Dans vos ouvrages, vous expliquez que notre corps traduit nos émotions à travers nos gestes, nos mimiques, nos expressions, nos tics. Est-il possible de faire mentir notre corps?
Non. On ne peut pas le maîtriser suffisamment pour lui faire dire ce que nous voulons qu’il dise. Vous ne pouvez pas empêcher votre estomac de digérer. C’est la même chose. Notre système neurovégétatif ne se contrôle pas, et c’est lui qui traduit nos émotions.

- Vous êtes passé maître dans l’art de traduire le langage corporel. Cela ne fausse-t-il pas les contacts que vous pouvez avoir avec les autres?
Non, et ce que l’on cultive dans les cours de formation (NDLR: ces cours de synergologie comprennent 300 heures sur une durée de trois ans). Lorsque l’on est en relation avec quelqu’un, on ne pratique pas de synergologie. Je ne fais pas attention à cela lorsque je parle à une personne. Ce qu’elle dit est tout aussi important que le langage gestuel. Parfois, dans la conversation, elle peut avoir un geste curieux ou bizarre. Et cela peut faire que l’on va s’y intéresser, mais ce n’est pas systématique. L’inverse est également important: il ne faut surtout pas essayer de contrôler son corps. Au contraire, laissez paraître vos émotions.Si votre interlocuteur se rend compte que quelque chose vous gêne, il va modifier son discours, sa façon d’agir. Il faut laisser les autres lire en vous. Les meilleurs négociateurs montrent ce qu’ils ressentent. Il faut être vrai, authentique. Même si ces mots sont galvaudés, ils traduisent bien ma pensée.

- D’une culture à l’autre, nous n’avons pas forcément les mêmes gestes pour dire les choses. Certaines attitudes sont propres à certaines cultures, pas à d’autres. Risquons-nous de mal interpréter les codes corporels si nous communiquons par exemple avec une personne asiatique?
Justement non. Le langage est la dernière couche de culture venue se poser sur notre cerveau. En dehors d’un faible pourcentage de gestes typiques à tel ou tel peuple, le langage du corps est universel. Je dirais plutôt que c’est l’amplitude et la fréquence du geste qui ne sont pas les mêmes. Ceux qui se donnent le droit d’exprimer une émotion le font de manière plus ample. Mais une personne venue d’Asie, pour reprendre votre exemple, aura le même geste beaucoup moins ample, plus discret, mais plus fréquent.

- Vous dites aussi que nous avons une certaine partie de notre gestuelle en commun avec les grands singes…
C’est exact! Ce qui prouve qu’il y a vraiment quelque chose qui nous rapproche. Par exemple les micro démangeaisons. Plus nous sommes détendus, plus nous avons tendance à nous gratter le nez, la tête, les oreilles etc à gauche. Et plus nous sommes énervés, plus nous nous grattons du côté droit. Dans le même genre de situations, les grands singes réagissent de la même façon. Par contre, jamais un singe n’aura un geste de partage gratuit, comme celui de montrer le soleil qui brille. Montrer une chose veut dire, pour lui, qu’il la veut.

- Pour les personnes que vous formez à la synergologie, vous filmez des sujets dont un ment et vous expédiez ces vidéos à vos élèves à l’autre bout du monde. Elles sont diffusées en coupant le son et les spectateurs doivent définir qui ment. Et vous me disiez que les Suisses font partie de ceux qui sont le plus difficiles à cerner dans ces tests de détection du mensonge?
Oui! Les Québécois ont toujours des difficultés à décoder les mensonges suisses! Ils reconnaissent vite les Suisses par leur physique, mais on beaucoup de mal à décrypter leurs expressions ou gestes car ils sont beaucoup moins exubérants que les Espagnols, par exemple. Les Français sont assez semblables aux Suisses, sauf si vous descendez vers le sud. Il y a très peu de différences entre un Parisien et un Romand. Du moins si vous coupez le son!

- Vous êtes souvent sollicité par les médias pour décoder les comportements de personnalités connues. Y en a-t-il qui vous fascinent plus que d’autres?
Les grands communicants ne sont pas là où ils sont par hasard. Il y a chez eux un tel désir, une telle envie de convaincre qu’ils ne peuvent qu’attirer l’attention. Nicolas Sarkozy est passionnant à décrypter. Je le ressens sincère, mais il est plein de contradictions. Il a beaucoup de mal à contrôler ses émotions, contrairement à Barack Obama, passionnant lui aussi. Avant son arrivée à la présidence, j’ai visionné douze heures de ses discours. Je n’ai jamais vu un geste dont on peut dire qu’il est uniquement culturel. Tous son langage corporel est compréhensible par tout le monde. Indéniablement, il dégage quelque chose de très fort. Il est toujours en mode d’analyse, il prend un certain recul dans la communication avec ses interlocuteurs. Il ne se relâche qu’avec sa femme et ses filles.

- A présent que vous avez formé des personnes capables d’enseigner à leur tour la synergologie, le nombre de personnes intéressées ne cesse d’augmenter. Qui sont vos élèves?
Ils viennent de tous horizons. La synergologie peut aussi bien être utile à un médecin qui pourra percevoir ses patients plus facilement, qu’à un enseignant qui comprendra mieux ses élèves…

- Après tant d’années passées à étudier le langage du corps, avez-vous le sentiment d’être arrivé au bout de votre travail?
Non! Maintenant, il faut la faire entrer dans de nouveaux univers. La synergologie peut être très utile dans de nombreux domaines, comme la médecine. Elle a une multitude de champs d’application!

Martine Bernier

« Le Langage Universel du Corps », Philippe Turchet, Les Editions de L’Homme.

Blog de Philippe Turchet:

http://philippeturchet.blogspot.com/2009/02/non-verbal-qi-et-reconnaissance-sociale.html

( 22 novembre, 2009 )

Stephan Valentin: votre bébé vous parle

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Écrivain et docteur en psychologie spécialiste de la petite enfance, Stephan Valentin, a consacré un livre à la façon dont s’expriment les bébés. Un livre passionnant et plein de surprises. Mais il faut reconnaître que l’homme en question est lui-même particulier. Il aborde ses patients et son métier avec un bon sens et une sensibilité dans lesquels chacun peut se retrouver. Je vous laisse apprécier…

- Votre parcours est très atypique…
C’es vrai. Je suis Allemand, mais j’ai suivi des cours de théâtre à Paris. Puis j’ai décidé de devenir psychologue et j’ai tellement aimé ces études que j’ai été jusqu’à la thèse. Le théâtre m’aide pour tout ce qui concerne le jeu avec les enfants et les adultes dans le cadre des traitements.

- Pourquoi vous être concentré sur la petite enfance?
Il existe une grande demande de la part des parents pour comprendre leurs enfants. Ils sont noyés dans une soupe de psychologie. Chacun propose le contraire de l’autre, y compris dans les journaux. Pour ma part, je n’ai pas un point de vue extrémiste, et je propose des solutions dans les livres. Les parents choisissent ce qui leur correspond le mieux. C’est très gratifiant.

- Votre livre se veut essentiellement pratique…
Oui, j’ai essayé de me mettre dans la peau du lecteur en imaginant ce qu’il voudrait recevoir et trouver dans mes livres. J’ai structuré celui-ci en fonction des âges de l’enfant pour que la recherche soit plus facile.

- Vous confirmez, dans votre ouvrage, que le fœtus est bel et bien un être sensible qui perçoit énormément de choses et qui y réagit.
Oui, il fait partie de notre monde à travers sa mère. Les berceuses ont sur lui un effet calmant. Il réagit à la douleur, aux émotions. J’ai été très touche d’apprendre qu’un fœtus pouvait pleurer dès le sixième mois de grossesse. Effectuer ce travail m’a fasciné car j’ai énormément appris moi-même.

- Vous expliquez dans votre ouvrage combien la communication avec le bébé est essentielle…
Il ne faut pas avoir peur de communiquer avec son bébé dès la naissance. Lui parler, le porter, lui sourire, le masser, lui faire des câlins: tout cela fait partie de la communication. Il faut lui dire ce que l’on va faire, accompagner chaque geste de paroles lui décrivant les actes. Le bébé peut comprendre énormément de choses.
À quelques semaines, il peut déjà compter et sait que 1+1=2. Il comprend probablement beaucoup de choses. Bien sûr, c’est subjectif. Mais une chose est certaine: parler avec un bébé permet de créer un lien fort avec lui.

- Que conseilleriez-vous aux jeunes parents pour que les choses se passent au mieux avec leur enfant?
De ne pas se laisser mettre la pression par les autres, par l’environnement. Un enfant doit évoluer à son rythme. Il ne faut pas s’inquiéter s’il a deux ou trois semaines de “retard” sur les autres pour certaines acquisitions comme la marche ou la parole. Chaque enfant a son rythme.

- Comment faut-il réagir aux pleurs d’un bébé?
Un enfant est plus autonome à un an si ses parents ne l’ont pas laissé pleurer dans sa première année. Un bébé ne pleure jamais par caprice. Il pleure parce qu’il a besoin de quelque chose ou qu’il ne se sent pas bien. Si ce sont des pleurs légers, il faut lui laisser la chance, par exemple, de se rendormir tout seul, sans se précipiter. Mais il ne faut pas le laisser pleurer trop longtemps. En Allemagne, un livre, devenu un best-seller, affirme qu’il faut le laisser pleurer même jusqu’à 45 minutes. Je ne suis pas du tout d’accord avec cette théorie.

- Comment gérer les pleurs des bébés?
En fonction des besoins de l’enfant. Pour les pleurs du soir, par exemple: s’endormir est une tâche très difficile. Il faut une préparation au sommeil, des rituels qui permettent de se séparer des parents.
Autre exemple: si vous dites à un petit de ne pas toucher à la télécommande ou au téléphone de sa mère, il faut lui donner un autre objet à la place, et le faire tout doucement. Cela permettra de détourner son attention. Vers 18 mois, stade de l’opposition, il faudra lui faire comprendre qu’un non est un non, et un oui est un vrai oui, sans toutefois devenir rigide.
J’ai écrit ce livre pour déculpabiliser les parents. On ne peut pas être un parent parfait. Il faut juste être suffisamment bon pour son enfant, ne pas avoir peur de faire des erreurs.
Je suis un psy homéopathique. Je ne suis pas là pour donner des règles ou des lois. Je propose des solutions et les parents ont la possibilité de choisir. En ne perdant pas de vue qu’il ne faut pas écouter les solutions des copines, mais chercher aussi les siennes, qui correspondent à son enfant.

Propos recueillis par Martine Bernier
- “Quand mon bébé me parle. Comprendre ses messages et y répondre”. Stephan Valentin. Editions Jouvence.
- Site: http://www.stephan-valentin.com

( 2 juin, 2009 )

Magritte a enfin son musée…

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2 juin 2009. Aujourd’hui, à Bruxelles cette capitale où je suis née, s’ouvrent les portes du Musée Magritte. Enfin… Il était temps que son pays lui rende l’hommage qu’il mérite.

René Magritte avait une devise: « Tout ce que nous voyons cache quelque chose d’autre. » Il en était la preuve vivante. S’il avait l’air (et les manières, diront certains) d’un petit bourgeois bien rangé, il a surtout été un véritable révolutionnaire dans la Cour des Peintres Surréalistes.
Son oeuvre a connu des hauts et des bas. Les bas ont vu le jour essentiellement au cours de ce que l’on a appelé sa « période vache » où il s’est adonné au néo-impressionnisme et au fauve. Mais ce que nous retenons de lui est le côté insolite et poétique de son talent, teinté d’humour noir.

Les spécialistes disent de lui qu’il « s’appliquait » à peindre. Et c’est vrai que ses tableaux sont d’une minutie parfaite… Ils sont parfois sombres et lourds, selon les époques, et étonnamment facétieux à d’autres.
Les hommes au chapeau melon, la « pipe qui n’est pas une pipe », la femme couleur de ciel, l’homme qui se voit de dos dans un miroir, c’est lui…

Né en 1898 et mort en 1967, il donne l’impression d’être omniprésent dans nos vies. Amateurs d’Art ou pas, nous avons tous vu au moins une fois l’une de ses oeuvres. Et sans doute nous a-t-elle intrigués… Mais si son travail nous est familier, la personnalité et la vie de cet artiste discret sont, elles, moins connues. Et pourtant… elles expliquent sans doute en grande partie sa démarche artistique.
La mère de Magritte s’est suicidée alors qu’il avait 14 ans, en 1912. Elle a été retrouvée noyée, avec une chemise sur la tête. Est-ce ce qui a inspiré le fameux tableau « Les Amants », dont les deux visages sont enveloppés d’un linge?
Au cours de son adolescence, il rencontre Georgette Berger, fille de boucher, qui deviendra sa femme et qu’il aimera toute sa vie. Elle devient sa muse…
On dit de lui que son manque de virtuosité picturale, il le compensait par son esprit.

Il y aurait mille choses à écrire sur Magritte. D’autres l’ont fait avant moi, bien mieux que je ne pourrais le faire. Un excellent dossier a d’ailleurs été réalisé ce mois-ci dans la revue Arts Magazine*.
J’ai tendance à envier ceux qui pourront aller visiter le Musée qui lui est consacré. Il se trouve dans la maison que le peintre a occupée avec son épouse durant 24 ans…

M.B.

Musée Magritte. rue Esseghem 135, 1090 Bruxelles. http://www.magrittemuseum.be

* Arts Magazinz N°35 Juin 2009 – « Magritte: L’étrange vie de monsieur Tout-le-Monde ».

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